L’interrogatoire de Rachida Dati devant le tribunal correctionnel de Paris s’est achevé dans une atmosphère particulièrement tendue. L’ancienne ministre de la Justice, poursuivie dans l’affaire de ses prestations auprès de Renault-Nissan, a vivement réagi aux questions des parties civiles sur son activité d’avocate, son parcours professionnel et ses compétences juridiques.
Le procès de Rachida Dati connaît une nouvelle séquence mouvementée. Comme le rapporte 20 Minutes dans son article consacré à l’audience, l’ancienne ministre s’est montrée particulièrement offensive lors des questions qui lui étaient adressées par les avocats des parties civiles.
Au cœur des débats figure notamment la rémunération versée par Renault-Nissan à Rachida Dati lorsqu’elle exerçait comme avocate tout en étant députée européenne. Le parquet national financier lui reproche d’avoir participé à un système de corruption et d’avoir effectué illégalement des activités de lobbying au Parlement européen entre 2009 et 2013.
Rachida Dati conteste ces accusations. Elle affirme avoir exercé une activité d’avocate parfaitement légale au bénéfice de Carlos Ghosn, alors patron de Renault-Nissan, et estime que les questions posées à l’audience cherchent à remettre en cause la réalité de son travail juridique.
« Je sais lire et écrire »
Selon 20 Minutes, les échanges avec les avocats de Renault ont rapidement pris un tour conflictuel. Interrogée notamment sur ses compétences en matière juridique internationale et sur les prestations ayant justifié une rémunération annuelle de 300 000 euros, Rachida Dati a vivement défendu son parcours professionnel.
L’ancienne garde des Sceaux a notamment rejeté l’idée que son activité d’avocate aurait consisté en de simples échanges informels. Elle a dénoncé une présentation qu’elle juge réductrice de son travail et rappelé son expérience professionnelle.
La tension a été suffisamment importante pour conduire la présidente du tribunal, Claire Saas, à suspendre momentanément l’audience afin de permettre aux différents protagonistes de retrouver leur calme.
À la reprise, les échanges sont restés tendus. Les questions portant sur les sanctions internationales contre l’Iran, sur lesquelles Rachida Dati affirme avoir travaillé dans le cadre de ses activités pour Renault-Nissan, ont également suscité de vives réactions de sa part.
Une confrontation sur son parcours
L’un des moments les plus marquants de l’audience est intervenu lors des questions de Me Clémence Witt, avocate de Transparency International France.
La défense de Rachida Dati a été confrontée à des interrogations portant notamment sur son parcours professionnel et ses diplômes. C’est à ce moment que l’ancienne ministre a laissé éclater sa colère.
« Je n’ai pas eu votre vie. À 14 ans, j’ai commencé à travailler. Ensuite il y a eu beaucoup de moments extrêmement violents. Je n’ai pas de lecture sociologique de mon parcours, fichez-moi la paix ! », a-t-elle lancé.
Cette séquence, également rapportée par 20 Minutes, illustre le climat particulièrement tendu qui entoure cet interrogatoire.
Rachida Dati a ensuite répondu à plusieurs questions en indiquant qu’elle avait déjà fourni les explications nécessaires. Elle a également qualifié certaines remarques de « jugements de valeur » et les a décrites comme dépourvues de pertinence à ses yeux.
Une défense qui maintient sa ligne
Malgré les échanges parfois très vifs, Rachida Dati conserve une ligne de défense constante : elle nie avoir utilisé son mandat de députée européenne pour mener des activités de lobbying illégales au bénéfice de Renault-Nissan.
Le parquet national financier soutient au contraire qu’un pacte de corruption aurait été conclu entre l’ancienne ministre et Carlos Ghosn. Cette accusation est fermement contestée par Rachida Dati, qui considère les prestations facturées comme relevant de son activité professionnelle d’avocate.
Le procès doit désormais entrer dans une nouvelle phase avec les plaidoiries des parties civiles, avant le réquisitoire du parquet et les plaidoiries de la défense.
L’affaire reste donc ouverte, et aucune décision judiciaire définitive n’a encore été rendue à ce stade.
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