Élysée : le Mossad met le doigt dans l’oreillette de Macron

Contacté au sujet du piratage supposé du téléphone de la conseillère Dora Cattuti par le Mossad, le Quai d'Orsay ne fait pas de commentaires. De son côté, la cellule diplomatique de l'Élysée « ne confirme pas cette information, qui comporte des inexactitudes ».

Le téléphone de Dora Cattuti, conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient à la cellule diplomatique de l’Élysée, aurait été récemment piraté par les services de renseignement israéliens, selon une source diplomatique française citée par Challenges. Le Quai d’Orsay ne fait pas de commentaires, tandis que la cellule diplomatique de l’Élysée « ne confirme pas cette information, qui comporte des inexactitudes ».

Selon l’hebdomadaire Challenges, qui révèle l’information en exclusivité, le téléphone portable de Dora Cattuti, conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient au sein de la cellule diplomatique de l’Élysée, a été piraté par les services de renseignement israéliens. L’information provient d’une source diplomatique française citée par le magazine.

Le hacking aurait été découvert à l’issue d’un contrôle de sécurité de son téléphone. Selon la même source, la diplomate aurait été « hameçonnée » en répondant à un faux mail de l’Autorité palestinienne.

Réactions officielles divergentes

Contacté au sujet du piratage supposé de ce téléphone, le Quai d’Orsay ne fait pas de commentaires. De son côté, la cellule diplomatique de l’Élysée « ne confirme pas cette information, qui comporte des inexactitudes ».

Cette réponse prudente — ni confirmation ni démenti catégorique — rappelle la posture adoptée par les autorités françaises lors du scandale Pegasus en 2021.

Un précédent : le scandale Pegasus

L’affaire rappelle en effet le scandale Pegasus, ce logiciel espion développé par la société israélienne NSO qui avait permis de pirater des dizaines de milliers de smartphones à travers le monde. Une fois installé, le logiciel permettait aux attaquants d’accéder intégralement à l’appareil : caméra, microphone, photos, vidéos, e-mails et messages.

En 2021, l’enquête collaborative « Projet Pegasus », coordonnée par l’organisation à but non lucratif Forbidden Stories et menée avec Amnesty International et 17 rédactions partenaires, avait révélé l’ampleur du phénomène. En France, cinq ministres et un conseiller diplomatique du président auraient été visés, selon l’Agence France-Presse.

Le Mossad et les cibles européennes

Les services israéliens ont déjà été accusés à plusieurs reprises de surveiller des cibles européennes. Le Guardian a rapporté que les Pays-Bas avaient convoqué l’ambassadeur d’Israël après des révélations sur une possible surveillance de la Cour pénale internationale. En Espagne, la Cour suprême a relancé en 2024 une enquête sur la surveillance du Premier ministre Pedro Sánchez et de membres de son gouvernement via Pegasus.

Plus récemment, en juillet 2026, le Citizen Lab de l’université de Toronto a révélé que Stelios Kouloglou, ancien député européen grec ayant siégé à la commission d’enquête du Parlement européen sur Pegasus (PEGA), avait été infecté au moins trois fois par le logiciel entre 2022 et 2023. En septembre 2026, des membres du mouvement étudiant serbe ont également confirmé avoir été victimes d’attaques « zero-click » via Pegasus.

Chronologie

–23 février 2026 : Dora Cattuti prend ses fonctions de conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient à l’Élysée

–9 avril 2026 : Cattuti reçoit l’ambassadeur d’Oman en France à l’Élysée

–17 septembre 2026 : Challenges publie son enquête exclusive révélant le piratage présumé

–18 septembre 2026 : Plusieurs médias internationaux relayent l’information ; le Quai d’Orsay refuse de commenter, l’Élysée « ne confirme pas »

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