Dans une tribune au ton sans concession, Mohamed Qandyl, blogueur, militant des droits humains et critique politique marocain indépendant, livre une analyse radicale des élections législatives prévues ce 23 septembre 2026. Qualifiant l’échéance de « grande supercherie », l’auteur dénonce un processus visant, selon lui, à pérenniser le système en place et appelle à un boycott massif suivi d’une rupture politique profonde.
À l’approche du scrutin du 23 septembre 2026, Mohamed Qandyl dresse un diagnostic sombre de la scène politique marocaine, estimant que cette échéance électorale place le paysage politique face à un « miroir de la vérité nue ». Loin des discours officiels et de ce qu’il qualifie de « maquillage rhétorique et protocolaire » de la machine de propagande et des médias complaisants, Mohamed Qandyl affirme que ce rendez-vous n’a rien d’une fête démocratique ni d’une avancée vers le pluralisme.
Un paysage partisan dénoncé comme un « théâtre d’intérêts »
Dans son analyse de la carte politique, Mohamed Qandyl soutient que l’échéance à venir n’est en réalité qu’un épisode de plus dans une longue série destinée à « reproduire les élites loyales » et à « consacrer la dépendance absolue envers les centres de décision réels ». Selon l’auteur, le citoyen marocain se retrouve enfermé dans un choix à somme nulle, conçu pour maintenir le statu quo et éterniser une crise structurelle.
Mohamed Qandyl pousse sa critique en décrivant un système politique verrouillé par des coalitions d’intérêts. Selon lui, le peuple marocain se trouve pris en étau entre le palais (« parti des Démons ») et le Makhzen (« parti des Crocodiles »), subissant la pression des deux parties du système que sont le Rassemblement National des Indépendants (RNI, qualifié par l’auteur de « Shnaqa » ou spéculateurs) et le Parti Authenticité et Modernité (PAM, qualifié de « Frakchia » ou voleurs de bétail). Mohamed Qandyl accuse ces quatre acteurs d’avoir pour seul point commun une « alternance durable » au détriment des intérêts du peuple.
Pour Mohamed Qandyl, les partis politiques se sont transformés, au cours de près de sept décennies de stratégie autoritaire, en de simples « boutiques électorales » ouvertes de manière saisonnière pour attirer les notables, les trafiquants de drogue et les détenteurs de capitaux, au lieu de proposer de véritables débats intellectuels ou des programmes de développement viables.
Des élections perçues comme une illusion de changement
Quant aux rivalités pour la tête du futur gouvernement, Mohamed Qandyl les qualifie de simple « comédie théâtrale » destinée à détourner l’attention des vrais enjeux. Les dirigeants actuels ne sont, d’après lui, que des « exécutants technocrates » dépourvus de volonté politique indépendante et incapables de rompre avec des choix économiques et sociaux ayant lourdement endetté le pays et creusé les inégalités de classes.
De même, Mohamed Qandyl estime que les réseaux d’intérêts et de privilèges rentiers continuent de monopoliser les richesses nationales sous le couvert de réformes de façade, rendant le slogan de « la réforme de l’intérieur » caduc face à la réalité du terrain. Pour l’analyste, la date du 23 septembre ne sera qu’une étape protocolaire de plus pour « reconduire les équilibres existants » à destination de l’opinion internationale plutôt que pour convaincre les citoyens.
Du boycott à la rupture institutionnelle
Face à ce qu’il décrit comme une crise de confiance généralisée et une impasse politique, Mohamed Qandyl appelle les masses populaires à sortir de la passivité à travers une stratégie en deux temps :
- Le boycott électoral immédiat : Conçu par Mohamed Qandyl comme une solution temporaire, le boycott global et conscient du scrutin constituerait une « gifle directe assénée au système du Makhzen et au sommet du pouvoir », visant à exposer l’érosion de leur légitimité et à signifier le rejet populaire de ce processus.
- Le changement radical à long terme : Mohamed Qandyl préconise une rupture définitive et totale avec le binôme institutionnel formé par la Monarchie et le Makhzen, appelant à leur retrait du paysage politique. L’auteur plaide pour la fondation d’une « véritable république démocratique », émergeant de la volonté populaire et bâtie par les citoyens marocains, seuls détenteurs du droit exclusif à l’autodétermination.
En conclusion, Mohamed Qandyl replace l’enjeu du 23 septembre au-delà des urnes et des sièges parlementaires, interrogeant la capacité du scrutin à exprimer une volonté populaire indépendante ou à simplement reproduire le système établi. Pour l’auteur, le dernier mot appartient, en fin de compte, au peuple.
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