Selon un rapport révélé par le quotidien espagnol La Razón, les services de renseignement confirment qu’une faction du pouvoir marocain a sciemment orchestré les récents flux migratoires vers Ceuta. En Espagne, la gestion de cette crise par le gouvernement de Pedro Sánchez suscite de vives polémiques.
L’hypothèse d’un simple débordement imprévu aux frontières de l’enclave espagnole de Ceuta semble définitivement écartée. Selon un rapport confidentiel de l’expert en sécurité José María Gil Garre, auquel La Razón a eu accès, un secteur influent du Makhzen — le cercle de pouvoir gravitant autour du roi Mohammed VI — a directement dirigé et régulé le passage des migrants. Dispose de capacités de commandement sur les gendarmes et les Forces auxiliaires marocaines, cette faction aurait transmis des instructions claires jusqu’à la ligne frontalière pour moduler le flux.
Des interceptions radio réalisées par le 32ᵉ Régiment de guerre électronique de l’armée de terre espagnole montrent que les forces marocaines n’étaient ni dépassées ni en proie au désordre. Les échanges interceptés traduisent une gestion délibérée et planifiée de la frontière. Comme le souligne La Razón, cette stratégie s’inscrit dans une logique de pression asymptotique visant à peser à la fois sur les relations bilatérales avec Madrid et sur les négociations stratégiques avec l’Union européenne.
Alertes ignorées et tensions au sein du gouvernement
Le document met également en lumière l’inaction du gouvernement espagnol. Plusieurs organismes de renseignement (CNI, renseignement militaire, interceptions radio) avaient pourtant convergé vers un diagnostic de risque élevé plusieurs jours avant les événements[cite: 1]. Malgré ces avertissements concordants, aucune mesure de prévention ni plan de contingence n’a été déployé à temps par l’exécutif de Pedro Sánchez.
En interne, la crise suscite de vives discordances. D’après les informations rapportées par La Razón, des membres de la direction du Parti socialiste (PSOE) reconnaissaient en privé les erreurs de gestion du gouvernement ainsi que la responsabilité directe de Rabat, tandis que le discours officiel s’efforçait publiquement d’exonérer le Maroc. Cette contradiction met aujourd’hui le gouvernement espagnol sous le feu des critiques pour son manque de transparence et sa gestion réactive de la crise.
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