À seulement 22 ans, Zahia porte déjà le poids d’une vie marquée par la rue, la précarité et la dépendance aux drogues en Algérie. Aujourd’hui prise en charge dans un établissement spécialisé à Hydra, à Alger, elle veut tourner la page et construire une nouvelle vie pour elle et sa fille.
À 22 ans seulement, Zahia parle de son passé comme d’une épreuve qui aurait duré une éternité. Son parcours, marqué très tôt par la vie dans la rue et la consommation de drogues, l’a conduite jusqu’à une prise en charge médicale dans une structure spécialisée de Hydra, à Alger.
Au sein de la clinique privée CGSA, où elle suit actuellement un traitement contre l’addiction, la jeune femme ne dit pas vouloir simplement effacer son passé. Elle semble surtout déterminée à empêcher que celui-ci ne se reproduise.
Une phrase résume cette volonté de rupture : « Ce que j’ai vécu, ma fille ne le vivra jamais. »
Une volonté de repartir de zéro
Après des années particulièrement difficiles, le séjour en centre de soins représente pour Zahia une occasion de prendre une nouvelle direction. À sa sortie, elle envisage de changer complètement de lieu de résidence et de rompre avec l’environnement qui l’a entourée jusqu’ici.
Cette décision constitue, pour elle, une étape importante : reconstruire son quotidien loin de la rue et des fréquentations qui ont contribué à l’enfermer dans la dépendance.
Son histoire a également suscité un élan de solidarité sur les réseaux sociaux. Le créateur de contenu Mouh Antik, qui a contribué à la sortir de la rue et à financer sa prise en charge, lui a rendu visite afin de prendre de ses nouvelles.
Lors de cette visite, il lui a également proposé de l’accompagner dans la préparation de l’après-traitement. Il s’est engagé à lui offrir une formation professionnelle afin qu’elle puisse apprendre un métier et disposer, à terme, d’un moyen de gagner sa vie de manière autonome.
Pour sa fille, une rupture avec le passé
Derrière la volonté de Zahia de se reconstruire se trouve également une autre motivation : sa fille.
Son témoignage met en lumière une réalité souvent invisible : pour certaines personnes confrontées à l’extrême précarité et à l’addiction, sortir de la rue ne signifie pas seulement arrêter de consommer. Il faut également reconstruire un environnement, retrouver des repères, apprendre ou réapprendre un métier et retrouver une certaine autonomie.
Pour Zahia, cette reconstruction passe désormais par une rupture avec son ancienne vie.
Elle ne pourra peut-être pas effacer les années difficiles qu’elle a traversées. Mais elle espère empêcher qu’elles ne deviennent l’héritage de sa fille.
Certaines mères ne transmettent pas un patrimoine matériel à leurs enfants. Elles peuvent néanmoins leur transmettre quelque chose d’essentiel : la volonté de rompre avec un passé douloureux et de leur offrir la possibilité d’un avenir différent.
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