Dans son sixième discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen, la présidente de la Commission européenne a fermement soutenu l’Espagne et recadré la gestion des flux migratoires, dénonçant leur instrumentalisation politique par le Maroc.
STRASBOURG – C’est un message d’une rare fermeté à l’adresse de Rabat. Lors de son sixième discours sur l’état de l’Union prononcé devant les députés européens, Ursula von der Leyen a tranché sans ambiguïté sur la question sensible de l’enclave espagnole située au nord du Maroc. S’adressant directement à Madrid avant d’aborder le dossier migratoire, la présidente de la Commission européenne a réaffirmé le soutien inconditionnel de l’Union européenne à l’Espagne.
« La frontière de Ceuta est une frontière européenne, car Ceuta est l’Espagne et Ceuta est l’Europe, et l’Europe sera là pour vous », a déclaré la cheffe de l’exécutif européen sans ambages. Cette prise de position claire constitue un camouflet politique pour le Maroc, qui revendique historiquement la souveraineté sur la ville enclave.
Mise en garde contre « la guerre hybride » migratoire
Au-delà de la question territoriale, Ursula von der Leyen a directement ciblé les méthodes de pression migratoire aux frontières extérieures de l’Union. Estimant que le cadre juridique actuel ne répondait plus aux tensions géopolitiques contemporaines, elle a plaidé pour un durcissement des règles communautaires.
L’UE a besoin de nouveaux mécanismes d’urgence, a-t-elle insisté, « notamment lorsque des mouvements de masse sont organisés et utilisés comme une arme ». Une allusion claire aux récentes crises migratoires survenues à la frontière terrestre entre le Maroc et l’Espagne.
Protection stricte des frontières extérieures
Tout en rappelant l’attachement de l’Union aux valeurs démocratiques et au droit d’asile, la présidente de la Commission a tenu à fixer une ligne rouge quant au contrôle des accès au territoire européen :
« Nous respecterons toujours nos valeurs et nos droits fondamentaux, mais nous ne transigerons jamais sur la protection de nos frontières, car c’est nous, les Européens, qui décidons qui entre dans notre Union et dans quelles circonstances. »
Pour concrétiser cette doctrine de fermeté, Bruxelles entend passer à la vitesse supérieure en matière de défense et de sécurité continentale. Ursula von der Leyen a annoncé son intention de proposer la création d’un Conseil Européen de sécurité, martelant en conclusion que « l’Europe défendra chaque mètre carré de son territoire ».
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