Dans cet entretien accordé à Jeune Afrique, Lekjaa a choisi d’effectuer sa première sortie médiatique internationale à travers une publication et un journaliste dont les relations avec plusieurs régimes autoritaires africains, dont le Maroc, ont fait l’objet, au fil des années, de questions, de critiques et de controverses.
Selon Ali Anouzla, le premier entretien international accordé par Fouzi Lekjaa suscite des interrogations qui dépassent largement le contenu de ses déclarations. Au-delà des messages qu’il a voulu faire passer, c’est surtout le choix du média et du journaliste qui retient l’attention.
Dans cet entretien accordé à Jeune Afrique, Lekjaa a choisi d’effectuer sa première sortie médiatique internationale à travers une publication et un journaliste dont les relations avec plusieurs régimes autoritaires africains, dont le Maroc, ont fait l’objet, au fil des années, de questions, de critiques et de controverses.
Pour Ali Anouza, cette dimension apparaît particulièrement importante dans le contexte marocain. Le nom de François Soudan demeure en effet historiquement associé à celui de Driss Basri, puissant ministre de l’Intérieur sous le règne de Hassan II. Cette proximité historique constitue un élément qui, selon cette lecture, mérite d’être pris en compte pour comprendre la portée du choix effectué par Lekjaa.
L’enjeu n’est donc pas uniquement de savoir ce que Fouzi Lekjaa a déclaré, mais également de s’interroger sur le choix du cadre médiatique dans lequel il a décidé de le faire. Le support utilisé pour transmettre un message peut, lui aussi, contribuer à sa signification.
C’est précisément ce que résume la célèbre formule de Marshall McLuhan : « le médium est le message ». Appliquée à cet entretien, cette grille de lecture conduit à considérer que le choix de Jeune Afrique et de François Soudan constitue peut-être, en lui-même, un message politique ou symbolique que Lekjaa ne formule pas explicitement.
Le choix d’une publication historiquement connue pour ses relations avec plusieurs dirigeants africains autoritaires ou controversés ne serait ainsi pas un simple détail éditorial. Il pourrait être considéré comme un élément à part entière de la communication du responsable marocain, affirme Ali Anouzla.
Dès lors, derrière les déclarations officielles et les messages directement formulés dans l’entretien, une autre question demeure : que dit Fouzi Lekjaa par le simple fait d’avoir choisi ce média et ce journaliste pour sa première intervention internationale ?
C’est peut-être là que réside l’un des enseignements les plus significatifs de cette sortie médiatique : parfois, le choix de celui qui porte le message en dit autant que le message lui-même.
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