Sahara occidental : les scénarios américains pour l’avenir de la Minurso, selon Africa Intelligence

Les scénarios de la MINURSO au Sahara Occidental.
Selon des informations rapportées par Africa Intelligence, l'administration de Donald Trump envisage en premier lieu de restreindre les prérogatives de la Minurso à une stricte fonction de surveillance des tensions armées entre le Maroc et le Front Polisario. Selon des informations rapportées par Africa Intelligence, l'administration de Donald Trump envisage en premier lieu de restreindre les prérogatives de la Minurso à une stricte fonction de surveillance des tensions armées entre le Maroc et le Front Polisario. Un tel recentrage marquerait un écart vis-à-vis de sa mission originelle, qui prévoyait l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara Occidental.

À l’approche de la date du 31 octobre, échéance clé lors de laquelle le Conseil de sécurité des Nations unies devra statuer sur le mandat de la Minurso, la diplomatie américaine étudie plusieurs options quant à la configuration et l’avenir de sa présence. La mission de l’ONU, sous la direction du diplomate russe Alexander Ivanko, avait vu son mandat renouvelé pour une période d’un an lors de la résolution adoptée le 31 octobre 2025.

Vers un recentrage ou un retrait progressif ?

Selon des informations rapportées par Africa Intelligence, l’administration de Donald Trump envisage en premier lieu de restreindre les prérogatives de la Minurso à une stricte fonction de surveillance des tensions armées entre le Maroc et le Front Polisario. Un tel recentrage marquerait un écart vis-à-vis de sa mission originelle, qui prévoyait l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Cette orientation s’inscrit par ailleurs dans une logique de réduction budgétaire impulsée par Washington : le budget de la mission pour l’exercice allant de juillet 2026 à juin 2027 s’élève à environ 63 millions de dollars, contre 71 millions lors de la période précédente.

Une seconde hypothèse à l’étude porterait sur le désengagement progressif de la mission. Des réductions d’effectifs ont d’ailleurs déjà eu lieu au cours des derniers mois, notamment dans les camps de réfugiés sahraouis situés près de Tindouf, en Algérie. Néanmoins, l’absence d’avancée majeure sur le plan diplomatique rend une fermeture totale à court terme peu envisageable.

Blocage des discussions et émergence d’une « troisième voie »

Ce piétinement suscite une impatience grandissante au sein des équipes américaines, emmenées sur ce dossier par Massad Boulos, conseiller spécial du président américain pour l’Afrique. Washington regrette de ne pas avoir reçu de propositions écrites détaillées de la part du Front Polisario concernant leurs exigences quant au statut d’autonomie. En l’absence de ces documents, aucun nouveau cycle de discussions réunissant le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie n’a pu être organisé depuis les rencontres tenues début 2026 à Madrid et à Washington sous la médiation combinée de Massad Boulos et de Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU.

Afin de débloquer la situation, la diplomatie américaine s’est tournée vers d’autres interlocuteurs. Comme le soulignent les révélations d’Africa Intelligence, Washington a intensifié durant l’été ses contacts avec le Mouvement sahraoui pour la paix (MSP). Fondé en 2020 et dirigé par Hach Ahmed Bericalla, ce mouvement promeut une « troisième voie » et se montre disposé à composer avec la proposition d’autonomie marocaine. Une délégation du MSP a notamment été reçue le 30 juin à New York par l’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, avant des échanges en juillet à Laâyoune avec des diplomates américains. Toutefois, la représentativité du MSP reste contestée au sein des populations des camps de réfugiés, où le Polisario conserve son statut de représentant officiel reconnu par les Nations unies.

Négociations et coulisses diplomatiques

Parallèlement, Staffan de Mistura a poursuivi ses consultations régionales, se rendant début juin à Tindouf auprès de Brahim Ghali, puis à Alger, Nouakchott, et échangeant à New York avec les diplomates marocains. Les diplomates américain et onusien ont également rencontré à Oslo le secrétaire d’État norvégien aux affaires étrangères, Andreas Motzfeldt Kravik, la Norvège ayant été pressentie pour accueillir d’éventuelles négociations.

Pour structurer ses efforts, Staffan de Mistura s’appuie depuis avril 2026 sur Christopher Thornton en tant que chef de bureau, un expert issu du Centre for Humanitarian Dialogue qui collaborait jusqu’alors avec la diplomatie britannique.

Comme l’indique l’analyse d’Africa Intelligence, les décisions qui seront prises fin octobre détermineront non seulement le cadre financier et opérationnel de la Minurso, mais aussi l’orientation future du processus de paix dans la région.

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