Sahara Occidental : « Au moment où Don Quichotte est apparu, le roman est né »

Slama Najem signe un article très critique sur la situation au Front Polisario.
Slama Najem signe une nouvelle fois un remarquable article qui met en lumière la crise de pouvoir que traverse le Front Polisario et qui l’a conduit à cette situation désastreuse autant dans les camps des réfugiés sahraouis que dans le champ de bataille au Sahara Occidental

Slama Najem signe une nouvelle fois un remarquable article qui met en lumière la crise de pouvoir que traverse le Front Polisario et qui l’a conduit à cette situation désastreuse autant dans les camps des réfugiés sahraouis que dans le champ de bataille au Sahara Occidental

« Au moment où Don Quichotte est apparu, le roman est né. »

Cela signifie que « l’habit ne fait pas le moine ».

Dans son magnifique article, remarquable par la qualité de son écriture et noble par son intention, Ghiyath Ali Al-Siddiq défend, en quelque sorte, le refus de la résignation. Il affirme que la persévérance dans l’effort empêche la défaite, ou, pour reprendre ses propres termes : « N’est pas vaincu celui qui essaie. »

Il adresse son appel aux « compagnons de l’encre qui saigne », à ses « confrères de la plume », afin qu’ils continuent à rêver, qu’ils continuent à écrire, qu’ils mettent la vérité en lumière et qu’ils dévoilent les illusions.

Puisse cela servir à quelque chose, Ghiyath. Puisse cela servir.

L’histoire nous enseigne qu’au moment même où l’âge de l’écriture et de la production intellectuelle connaissait son apogée, la civilisation islamique a commencé à décliner. Pourquoi ? Parce que le dirigeant était faible.

Cette faiblesse a conduit aux affrontements internes, à la lutte pour le pouvoir, à l’apparition des convoitises étrangères et aux prémices de la colonisation, des croisades jusqu’au colonialisme européen et au partage de l’héritage de l’Empire ottoman.

L’histoire confirme également que l’Occident s’est réveillé lorsque l’apparition d’hommes d’État a coïncidé avec celle d’hommes de pensée et de science.

Ma définition de l’homme d’État est simple : c’est celui qui possède avant tout une vision, puis la détermination nécessaire pour la réaliser.

Même un État doté d’institutions solides peut s’effondrer et échouer si le pouvoir reste entre les mains d’hommes irresponsables. Trump et les États-Unis en sont un bon exemple.

Malgré la force de ses institutions et l’abondance de la pensée, du savoir et de la créativité, Trump a soumis l’Amérique à ses propres caprices, à ceux de ses proches et à sa corruption. Il a détruit ses relations avec ses alliés et épuisé sa puissance militaire et économique au profit de son clan.

La France et l’Allemagne ploient sous le poids des déficits économiques et de dettes colossales, non pas faute d’écrivains, d’intellectuels ou de scientifiques, mais faute d’hommes d’État.

L’homme décisif, celui qui ne prend en considération que l’intérêt de l’État et sa dignité, quel qu’en soit le prix.

Et lorsque je parle d’un homme décisif ou ferme, je ne parle pas du dictateur. Le dictateur peut être qualifié de ferme et de déterminé, mais son intérêt à lui passe avant celui de l’État et du peuple.

La fermeté sans vision produit l’autoritarisme.

Regardons la Chine. Mao n’était rien de plus qu’un dictateur — ou, pourrait-on dire, un criminel doté des prérogatives d’un chef d’État. La Chine n’a rien accompli sous son règne, si ce n’est l’échec.

En revanche, lorsque Deng Xiaoping est arrivé, la Chine s’est transformée en l’État que nous connaissons aujourd’hui : une puissance économique, technologique et même militaire.

La différence résidait dans une seule chose : avoir une vision ou en être dépourvu.

L’histoire regorge d’exemples qui confirment, sans l’ombre d’un doute, que l’habit ne fait pas le moine : Lee Kuan Yew à Singapour, Mahathir en Malaisie, Erdoğan en Turquie, et bien d’autres.

Mais l’homme peut aussi détruire la tente lorsqu’il accède aux responsabilités — quelle que soit la manière dont il y est parvenu : démocratique, partisane, héréditaire ou autre — s’il est dépourvu de vision et de détermination.

C’est alors que commence l’effondrement de l’État, quelle que soit sa taille ou sa puissance. Même les empires finissent par disparaître et se dissoudre.

Et plus longtemps ce type d’hommes reste au pouvoir, plus il devient difficile de redresser la situation et d’y remédier.

Ce qui nous fait défaut depuis très longtemps, c’est un homme d’État, porteur d’un projet dans son esprit et animé d’une détermination profonde.

Ce type d’homme est une nécessité pour toute communauté humaine, qu’il s’agisse d’une tribu, d’un État ou d’une entité plus vaste encore. Et ce besoin devient plus pressant encore dans les circonstances exceptionnelles que nous connaissons.

Nous avons atteint un niveau de dégradation — fruit de l’accumulation des problèmes et de l’indifférence de tous, sans exception — qui est devenu extrêmement dangereux.

À ce stade, ni l’écriture, ni les discours, ni les prétendus leaders ne peuvent être d’un quelconque secours.

Bien souvent, au cours de ces années où nous avons assisté à « la domination de la futilité et à sa conquête de la scène », je me dis que le silence serait plus utile.

Mais un article écrit dans une langue aussi élevée, avec ce ton d’optimisme débordant qui caractérise Ghiyath Ali, vous pousse à réagir et à lui répondre.

Continuons à essayer… pour empêcher la défaite.

Peut-être. Qui sait…?

Slama Najem

#Sahara_Occidental #Front_Polisario #Maroc #camps_des_réfugiés_sahraouis #17ème_Congrès_Polisario

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