Sahara Occidental : La trahison et la militance: une fracture morale en terre occupée

Les deux Hamdi Errachid : l'analphabète et son neveu.
Le Maroc a fait du Sahara Occidental occupé une monarchie où règne la famille des Ould Errachid, la même qu'avait choisie le colonialisme espagnol.

Alors que le Maroc prépare son simulacre électoral, dans les rues de la terre occupée du Sahara Occidental, deux types de personnes se croisent sur le même sol, mais portent des significations totalement opposées. Un groupe brandit les slogans propagandistes de l’occupation, tandis qu’un autre veille sur la mémoire des martyrs et sur l’engagement. Il ne s’agit pas d’une simple divergence d’opinions, mais d’une division essentielle qui touche à l’appartenance de l’âme. Comme l’a souligné un militant sahraoui : pour ceux qui se sont prosternés devant l’occupation, la question relève de la survie et de l’hypocrisie ; pour les fidèles à la cause, c’est un pacte sacré scellé par le sang, par les mères en deuil et par les déplacés.

Manifestation contre la célébration des élections marocaines au Sahara Occidental

La séduction matérielle et la capitulation morale

L’occupation sait bien que la force seule ne peut plier l’esprit d’une terre. C’est pourquoi l’argent devient son arme la plus tranchante. Quelques pièces de monnaie glissent dans les poches de certaines personnes, les achetant pour qu’elles jouent des rôles de « figurants » dans les rues, servant de toile de fond au théâtre que l’occupation souhaite. L’essence de ce troc n’est pas un choix politique, mais une variante déformée d’une stratégie de survie : la dignité contre un morceau de pain, le silence contre le confort.

Mais le prix de cette capitulation dépasse de loin la dégradation de la conscience individuelle. Lorsque certains enfants de la terre occupée choisissent de danser avec l’occupation, ils deviennent des instruments pour fragmenter la volonté de résistance. L’occupation les utilise pour présenter à la communauté internationale une fausse image d’« harmonie », comme si le peuple sahraoui avait accepté les faits accomplis. La cruauté de cette mise en scène politique réside dans le fait qu’elle exploite la pauvreté et la vulnérabilité des habitants de la terre, les transformant en outils pour réprimer la cause de libération de tout leur peuple.

Une mémoire qui ne peut être achetée

Mais ce que l’occupation ne pourra jamais acheter, c’est la mémoire. Ceux qui veillent dans les rues sur l’héritage des martyrs ne dépendent d’aucune récompense matérielle pour leur constance. Pour eux, le sang des victimes n’a jamais séché, les gémissements des prisonniers ne se sont jamais tus, les larmes des mères n’ont jamais cessé de couler. Cette mémoire constitue un capital moral incessible, qui transcende toutes les séductions matérielles que l’occupation peut offrir.

Et c’est précisément dans cette mémoire que se fonde la légitimité de la résistance. L’occupation peut imprimer des milliers de tracts et acheter des milliers de haut-parleurs, mais elle ne peut répondre à une question fondamentale : à qui appartient réellement cette terre ? Lorsque les fidèles à la cause descendent dans les rues, ils n’expriment pas seulement une position politique, ils proclament leur existence dans son sens ontologique : nous existons, nous nous souvenons, et nous refusons d’être effacés.

L’épreuve suprême de la libération des peuples

Aucune cause de libération nationale ne peut éviter une réalité douloureuse : au cœur d’une oppression prolongée, il y a toujours ceux qui choisissent de se rendre. Cela peut être une faiblesse humaine, la pression de la pauvreté, ou l’impulsion de la peur. Mais ce qui détermine le destin d’un peuple, ce ne sont pas ces trahisons individuelles, c’est le degré de solidité de la volonté collective.

Les partisans de la cause sahraouie doivent comprendre en toute conscience que la lutte contre l’occupation n’est pas seulement un affrontement militaire et politique, mais une guerre prolongée pour l’âme. L’occupation peut acheter certaines personnes temporairement et créer un calme faux pendant un temps, mais elle ne pourra jamais changer une réalité fondamentale : la nature de l’occupation ne change pas avec le changement d’attitude de certains habitants de la terre occupée, et le droit à l’autodétermination ne s’effondre pas à cause du silence de certains.

Une foi inébranlable

Finalement, l’occupation découvrira qu’elle peut remplir chaque pouce de la terre occupée de tracts, gonfler les poches des soumis et remplir les rues de « foules » soigneusement préparées, mais elle ne peut ébranler la détermination des fidèles à la cause ni changer leur objectif d’indépendance totale et d’évacuation complète de l’occupation.

Ceux qui ont résisté à l’épreuve méritent la plus haute reconnaissance de leur peuple. Leur constance n’est pas seulement une consolation pour les martyrs, mais une promesse pour les générations futures : aussi longue que soit la nuit, l’aube viendra ; aussi acharnée que soit l’occupation, la liberté triomphera. Quant à ceux qui ont échangé leur silence contre de l’argent, leurs noms resteront cloués au pilori de l’histoire et seront jugés aux côtés de l’occupation.

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