La violence armée s’invite une nouvelle fois dans les camps de réfugiés sahraouis. Dans la daïra de Dcheira, relevant de la wilaya de Laâyoune, dans les camps de Tindouf, des coups de feu auraient été tirés récemment en direction du domicile d’un homme présenté comme étant Mrabih Ould El Kheir.
Selon des informations qui circulent dans les camps, l’incident serait lié à un règlement de comptes entre individus soupçonnés d’être impliqués dans des réseaux de trafic de stupéfiants. Ces éléments, relayés notamment sur les réseaux sociaux, restent toutefois à établir par une enquête indépendante.
D’après les mêmes informations, plusieurs projectiles auraient traversé le mur de l’habitation. La personne visée aurait été légèrement blessée. Des photographies montrant les traces des tirs sur le domicile ont également circulé sur Facebook.
Une population prise entre peur et sentiment d’abandon
Au-delà des circonstances exactes de cette attaque, l’incident provoque une vive inquiétude parmi les habitants des camps. Pour de nombreux résidents, la multiplication alléguée de ce type d’incidents traduit une dégradation préoccupante de la sécurité.
La question posée est désormais celle de la capacité des autorités locales à empêcher que les camps ne deviennent le théâtre de violences liées à des réseaux criminels ou à des règlements de comptes.
Les habitants réclament notamment une intervention des autorités compétentes afin de garantir la sécurité des familles et de mettre fin à ce qu’ils décrivent comme un climat d’impunité.
Des accusations qui visent la gestion sécuritaire
Pour les détracteurs des autorités des camps, cet épisode ne serait pas un cas isolé. Ils dénoncent une succession d’incidents violents et accusent les responsables de ne pas prendre suffisamment au sérieux la question de la criminalité organisée.
Certains établissent également un parallèle avec les tensions tribales et politiques apparues dans les camps à la fin des années 1980, estimant que les mécanismes de médiation mis en place à cette époque n’auraient pas permis de résoudre durablement les fractures internes.
Ces accusations demeurent cependant controversées et nécessiteraient d’être confrontées aux déclarations officielles ainsi qu’aux résultats d’une enquête judiciaire.
La sécurité, une exigence devenue centrale
L’épisode de Dcheira remet surtout au premier plan une revendication fondamentale : la sécurité des populations civiles.
Si les faits rapportés sont confirmés, l’usage d’armes à feu à proximité d’habitations constitue un signal particulièrement préoccupant. Une enquête devrait permettre d’établir les circonstances exactes des tirs, l’identité des auteurs, leurs motivations ainsi que l’éventuelle existence de réseaux criminels derrière cette affaire.
Dans un contexte régional déjà marqué par les trafics transfrontaliers et l’instabilité du Sahel, les camps de Tindouf se trouvent dans un environnement où la circulation de drogues, d’armes et d’autres activités illicites constitue un enjeu sécuritaire majeur.
Pour les habitants, le message est clair : la sécurité ne peut être considérée comme une faveur accordée à la population. Elle relève d’une responsabilité première des autorités.
L’affaire de Dcheira appelle donc moins aux règlements de comptes qu’à une réponse institutionnelle : identifier les responsables, établir les faits et garantir que les civils ne deviennent pas les victimes collatérales de luttes entre réseaux criminels.

Communiqué du Commissariat politique de l’armée sahraouie
Saisie et destruction de stupéfiants et d’armes : le Front Polisario annonce une importante opération aux camps de réfugiés sahraouis
Les autorités judiciaires sahraouies ont annoncé la destruction de plusieurs lots de drogues et de substances psychotropes saisis dans différentes affaires, ainsi que la remise aux services de sécurité d’armes et de munitions confisquées.
Selon une publication diffusée par la page du Front de libération du peuple sahraoui, une opération de destruction de produits saisis dans le cadre de différentes affaires a été menée, le 8 septembre 2026, sous la supervision du procureur général près la cour d’appel et en présence de représentants des services de sécurité et de l’administration judiciaire.
La procédure aurait concerné plusieurs saisies dont la conservation n’était plus nécessaire sur le plan juridique. Les produits ont été détruits au niveau du service chargé de conserver les pièces à conviction relevant de la police judiciaire.
Près de 44 000 comprimés saisis
D’après les chiffres communiqués dans cette publication, les saisies détruites comprenaient notamment :
- 43 785 comprimés psychotropes ;
- 75 grammes de cocaïne ;
- 12,250 kg de cannabis traité ;
- 235 comprimés de substances hallucinogènes, présentées comme de l’« ecstasy ».
La même source indique que l’opération s’est déroulée dans le cadre des procédures légales et judiciaires applicables aux produits saisis.
Des armes et des munitions remises aux services de sécurité
Parallèlement à la destruction des stupéfiants, les armes et les munitions saisies dans les différentes affaires ont été remises aux services de sécurité compétents, conformément aux procédures en vigueur.
La liste communiquée fait état de :

- deux fusils de type Kalachnikov ;
- 26 chargeurs de Kalachnikov ;
- 1 324 cartouches de munitions pour armes légères.
La publication précise que cette opération intervient dans le cadre de la clôture des procédures légales et judiciaires relatives aux saisies, avec l’application des dispositions réglementaires et sous le suivi des autorités compétentes.
Une opération présentée comme un volet de la lutte contre les trafics
Cette annonce intervient dans un contexte où les autorités des camps de réfugiés sahraouis affirment vouloir renforcer la lutte contre les réseaux impliqués dans le trafic de stupéfiants et la circulation illégale d’armes.
Les quantités annoncées — notamment près de 44 000 comprimés psychotropes, plus de 12 kg de cannabis et plusieurs centaines de munitions — donnent à cette opération une dimension importante.
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