Fuite de données des services de renseignements du Maroc : les avocats de Mehdi Hijaouy démentent catégoriquement les accusations d’ABC


Les avocats de Mehdi Hijaouy montent au créneau après les accusations publiées par le quotidien espagnol ABC. Dans un communiqué transmis ce mercredi, le cabinet Bourdon & Associés dément « avec la plus grande fermeté » toute implication de leur client dans la fuite massive de données attribuée au groupe de hackers Jabaroot


Dans un article publié le 7 septembre sous la signature de la journaliste Ketty Garat, ABC aurait affirmé, selon le communiqué des conseils de Mehdi Hijaouy, que celui-ci serait à l’origine de la transmission de données provenant des services de renseignement marocains au groupe informatique Jabaroot.
Une accusation que la défense rejette sans ambiguïté.


« Aucun document, aucune base de données » transmis à Jabaroo


Dans leur communiqué, William Bourdon et Vincent Brengarth affirment que leur client « n’a jamais transmis, communiqué ou divulgué » à quelque tiers que ce soit des bases de données, documents ou informations appartenant aux services de renseignement marocains.


Les avocats citent notamment les fichiers concernant des agents, les éléments relatifs à des opérations de surveillance ainsi que tout autre document présenté comme classifié.
La défense conteste donc directement l’existence d’un quelconque lien entre Mehdi Hijaouy et la fuite de données dont Jabaroot est accusé d’être à l’origine.


La défense conteste également tout contact avec ABC


Le cabinet Bourdon & Associés affirme par ailleurs que Mehdi Hijaouy n’a « jamais eu le moindre contact, direct ou indirect » avec le quotidien ABC ou avec sa journaliste Ketty Garat.


Selon ses avocats, aucun échange n’aurait donc eu lieu entre leur client et la journaliste, ni dans le cadre de la préparation de l’article contesté, ni à une autre occasion.


Des « sources de renseignement » anonymes mises en cause


Au cœur de la contestation figure également la nature des sources utilisées par ABC. Les avocats estiment que l’article repose sur des « sources de renseignement » anonymes et qu’il ne fournit aucun élément matériel permettant, selon eux, d’établir une connexion entre leur client et la fuite de données.


La défense dénonce ainsi des accusations qu’elle considère comme « dépourvues de tout fondement matériel », en soulignant l’absence, dans l’article qu’elle conteste, de preuves tangibles, vérifiables et opposables.
Il convient toutefois de préciser que ce communiqué constitue la position de la défense de Mehdi Hijaouy et ne permet pas, à lui seul, de déterminer la réalité des faits allégués dans l’article d’ABC.


Une demande de rectificatif adressée à ABC


Face à cette situation, Mehdi Hijaouy demande officiellement au quotidien espagnol de publier un rectificatif. Ses avocats appellent également les médias qui auraient repris les accusations à faire preuve de « la plus grande prudence ».


Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible autour des accusations de fuite de données concernant les appareils sécuritaires et de renseignement marocains, alors que le groupe présenté comme Jabaroot affirme depuis plusieurs semaines avoir obtenu et diffusé des volumes importants de données.


Pour l’heure, le cabinet Bourdon & Associés entend surtout replacer la question sur le terrain de la preuve : les accusations visant Mehdi Hijaouy devront, selon ses avocats, être étayées par des éléments vérifiables permettant d’établir concrètement son éventuelle implication.


La controverse oppose ainsi deux récits : celui rapporté par ABC sur la base de sources anonymes, et celui de la défense de Mehdi Hijaouy, qui nie catégoriquement toute participation à la fuite et réclame une rectification publique.

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