Le jour où le Maroc a voté pour l’indépendance du Sahara Occidental

En votant oui, le Maroc a reconnu, devant 193 États membres, la validité d’une projection qui isole le Sahara occidental.

New York, 4 septembre — En votant oui à la résolution qui restaure l’Afrique à sa taille réelle, Rabat a validé une carte officielle de l’ONU où le Sahara occidental est séparé du Maroc. Un suicide cartographique qui enterre vingt ans de propagande.

C’est l’histoire d’un régime pris à son propre piège.

Jeudi 4 septembre, l’Assemblée générale des Nations unies adopte par 164 voix pour, une seule contre — les États-Unis — et six abstentions, la résolution A/80/L.104 « Correct the Map ».

Portée par le Togo au nom du Groupe africain, soutenue par l’Union africaine, la résolution consacre la projection Equal Earth, plus fidèle à la réalité des continents.

Rabat a voté POUR.

Sans réserve. Sans déclaration. Sans objection consignée au procès-verbal.

Alors que Kiev, l’une des six abstentions, a eu le courage de se lever pour dénoncer la représentation de la Crimée occupée comme territoire russe, le représentant du Maroc est resté muet.

Pire : il a levé la main pour approuver une carte du monde où le Sahara occidental apparaît, noir sur blanc, comme un territoire distinct, non autonome, aux frontières internationalement reconnues.

C’est un désaveu historique.

Le Togo, allié de Rabat, qui expose le mensonge

L’ironie est totale.

C’est le Togo, l’un des plus fidèles alliés diplomatiques du Maroc sur le dossier sahraoui, qui a porté le texte.

Lomé n’a jamais cédé aux pressions de Rabat pour falsifier les frontières.

La résolution, comme le rappelle le compte rendu officiel, ne porte que sur la taille des continents et ne touche à aucun tracé politique.

Traduction : même les amis du Maroc refusent de cautionner son annexionnisme cartographique.

Le Maroc a cru pouvoir jouer sur deux tableaux : soutenir une résolution panafricaine progressiste pour redorer son image, tout en continuant de diffuser sa carte trafiquée.

Le résultat est une humiliation publique.

En votant oui, Rabat a reconnu, devant 193 États membres, la validité d’une projection qui isole le Sahara occidental.

Son vote est désormais archivé à l’ONU comme preuve de son double discours.

La diplomatie du maillot et du concert s’effondre

Depuis des années, le Makhzen mène une offensive désespérée pour imposer sa carte fantasmée.

On la voit partout sauf là où elle compte : sur les maillots de la CAN, dans les fan-zones, dans les clips de concerts internationaux, dans les brochures touristiques, dans les cartes distribuées aux influenceurs.

Rabat instrumentalise le sport, la culture, le football, tout, pour faire avaler une annexion qui n’existe dans aucun texte de droit international.

Cette stratégie du fait accompli visuel vient de se briser sur le mur de la légitimité internationale.

Car à l’ONU, on ne triche pas avec les cartes.

Le Sahara occidental demeure, selon l’ONU elle-même, un territoire non autonome en attente de décolonisation.

Aucune résolution n’a jamais reconnu la prétendue « marocanité ».

Aucun atlas sérieux, aucune instance juridique ne la reprend.

Avec ce vote, le Maroc vient de l’admettre lui-même.

Ce n’est pas une simple erreur technique.

C’est la démonstration que la campagne diplomatique marocaine, à coups de chèques, de reconnaissances achetées et de cartes truquées, n’a rien changé au fond du dossier.

Le droit ne se négocie pas dans un stade.

La souveraineté ne s’obtient pas en collant un autocollant sur une carte.

Jeudi à New York, le Maroc a voulu paraître plus grand en votant pour une Afrique plus grande.

Il a simplement rappelé au monde qu’il est, juridiquement, plus petit qu’il ne le prétend.

M. H.

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