Maroc : après Trump, un palace rebaptisé au nom de Dominique Strauss-Kahn*

Après l’hommage musclé à l’ancien président américain, voilà que le Maroc choisit d’immortaliser une autre figure de la scène internationale, mais cette fois pour des raisons qui doivent tout à l’art de l’accueil et au mystère des couloirs feutrés.

Après avoir offert une avenue à Donald Trump, le Royaume chéri des diplomates et des touristes réserve une surprise autrement plus… feutrée. Dès la semaine prochaine, le prestigieux La Palmeraie Resort, écrin de verdure aux portes de Marrakech, deviendra officiellement le « DSK Suite & Spa ». Un changement de nom qui ne manque pas de sel, ni de sous-entendus.

L’annonce, tombée ce mardi en fin de matinée, a d’abord été accueillie par un silence étonné dans les salons de la ville ocre. Puis par un sourire en coin, vite réprimé, chez les observateurs avisés. Après l’hommage musclé à l’ancien président américain, voilà que le Maroc choisit d’immortaliser une autre figure de la scène internationale, mais cette fois pour des raisons qui doivent tout à l’art de l’accueil et au mystère des couloirs feutrés.

« Un visionnaire des suites »

« Donald Trump a eu son boulevard pour sa diplomatie fracassante, mais Dominique Strauss-Kahn a, lui, fait bien plus pour la notoriété de l’hôtellerie mondiale », a justifié, avec une gravité malicieuse, un porte-parole fictif du ministère du Tourisme, sous couvert d’anonymat. « Il a montré au monde entier qu’une suite de grand standing n’est pas un simple lieu de passage, mais le théâtre de drames shakespeariens où se jouent parfois des destins. C’est un hommage mérité à un homme qui connaît la valeur d’un bon service d’étage. »

L’ancien patron du FMI, économiste de renom, est en effet célèbre pour une carrière jalonnée de sommets financiers, mais aussi pour un goût prononcé pour les palaces, les chambres d’hôtel et les pauses imprévues. En baptisant ce complexe cinq étoiles de son nom, le Royaume entend saluer, dit-on, « l’un des plus célèbres passionnés d’hôtellerie au monde », dont la notoriété dépasse très largement le cercle des salles de conseil.

Des aménagements sur mesure

Pour l’occasion, l’établissement a subi une cure de jouvence dont les finitions font sourire. Si le cadre enchanteur et la palmeraie restent, les prestations ont été entièrement repensées pour coller à l’héritage du célèbre économiste :

  • Un service de chambre renforcé, garanti sans malentendus diplomatiques et avec une discrétion absolue du personnel ;
  • Des peignoirs de luxe brodés aux initiales de l’ancien directeur général du FMI, en pur coton d’Égypte, fournis en double exemplaire ;
  • Un bouton « Ne pas déranger » repensé en titane, pour une efficacité d’époque renforcée ;
  • Le bar lounge, rebaptisé « Le FMI », où la note, à l’image des plans d’ajustement, est toujours restructurée en fin de séjour.

« C’est un clin d’œil historique », s’amuse un habitué des lieux, verre de thé à la menthe à la main. « Ici, on ne parle plus de suites présidentielles, mais de suites “DSK”… Une façon élégante de rappeler que les plus grandes affaires peuvent se nouer dans une chambre, entre deux conférences. »

L’intéressé touché, le ministère déjà en orbite

Interrogé par communiqué depuis Paris, l’ancien ministre socialiste s’est dit « profondément touché » par cette attention inattendue. « J’ai toujours entretenu une relation fusionnelle avec le Maroc et avec l’univers hôtelier en général. Savoir que mon nom sera associé à jamais à des nuits paisibles et à la quiétude d’un room service de qualité me remplit de fierté », aurait-il confié, non sans une pointe d’émotion.

Mais le Maroc ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Fort du succès médiatique de cette opération de charme, le ministère étudierait déjà de nouvelles attributions d’infrastructures touristiques. Parmi les projets évoqués en coulisses : un rond-point Boris Johnson à Casablanca pour célébrer les virages imprévisibles et les coiffures en bataille, ainsi qu’une future marina Silvio Berlusconi à Agadir, équipée de piscines réservées aux soirées prolongées et de discothèques flottantes.

Avec ce nouveau baptême, le Maroc confirme son rôle de pionnier dans la diplomatie parallèle, où les noms de rue et les enseignes de palaces deviennent les vecteurs d’un soft power aussi décalé qu’inattendu. À Marrakech, les guides touristiques devront désormais ajouter une ligne à leur parcours : « Ici, on croise l’histoire, le luxe… et parfois le scandale, mais toujours en robe de chambre. »

*Article satirique mais pas loin de la réalité

Visited 261 times, 1 visit(s) today

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*