Pays ciblés par la note diplomatique du Maroc : Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Gabon, Burkina Faso, Benin, Togo, Comores, Djibouti, Niger, Mali, Erythrée, Gambie, Burundi, RDC, Congo, Cameroun, Guinée Bissau, Guinée Equatoriale (Pays hôte du Sommet), Tchad, Sao Tomé et Principe, Sierra Léone, Liberia, Somalie, Soudan, Madagascar, Malawi, Maurice, Seychelles, Mauritanie (Préside le Conseil de l’UA).
Dans les arcanes de la diplomatie internationale, l’influence se mesure souvent à l’aune de la persuasion, du poids économique ou des alliances stratégiques. Cependant, des documents officiels émanant du Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération du Royaume du Maroc jettent une lumière crue sur des méthodes beaucoup moins orthodoxes. À travers une note stratégique datée de juin 2014, orchestrée sous la houlette de Ouali Taghma — alors qualifié de « Monsieur Afrique » au sein du ministère —, c’est toute une machination axée sur l’achat d’influences au sein de l’Union Africaine (UA) qui est mise au jour.
L’objectif central de la mission
Neutraliser toute velléité de soutien au Front Polisario et au droit à l’autodétermination du Sahara Occidental, contrer la résolution onusienne 2152 et préserver les intérêts de Rabat en terre africaine en s’appuyant sur des leviers financiers directs.
Une mission ciblée à Addis-Abeba : Objectifs et moyens
Intitulée « Fiche sur la Mission à Addis Abéba » et couvrant la période du 4 au 10 juin 2014, la note détaille le déploiement d’une délégation marocaine de haut vol comprenant notamment le Directeur Afrique, l’Inspecteur Général, le Directeur des Nations Unies, le Directeur Général de l’AMCI ainsi que le Chef de cabinet de la ministre déléguée.
L’objet affiché de cette mission était la « Mobilisation des Ambassadeurs Représentants des pays amis ». Derrière cette formulation aseptisée se cache une stratégie agressive visant à contrecarrer toute décision contraire au processus onusien et à maintenir une connivence active avec les délégations alliées. Pour ce faire, les moyens déployés ne se limitaient pas aux traditionnelles réceptions diplomatiques :
« Prise en charge intégrale des frais d’hôtellerie. Enveloppe pour les frais généraux : location d’un ou deux véhicules, déjeuners….. »
Le cœur du scandale : 5 000 euros par ambassadeur pour 30 pays ciblés
Le point le plus compromettant de ce plan d’action réside dans l’allocation directe de liquidités aux représentants diplomatiques accrédités. Un additif explicite détaille l’existence d’« Enveloppes individuelles de 5 000 Euros pour les amis dont la liste est ci-jointe (30 pays) ».
Cette distribution ciblée de fonds visait ostensiblement à s’assurer de la bienveillance ou du vote favorable des diplomates concernés lors des arbitrages au sein de l’organisation panafricaine. La liste des trente États ciblés reflète l’ampleur du dispositif d’achat d’influence déployé par Rabat pour verrouiller ses positions diplomatiques :
Pays ciblés par la note diplomatique du Maroc :
Sénégal, Guinée, Côte d’Ivoire, Gabon, Burkina Faso, Benin, Togo, Comores, Djibouti, Niger, Mali, Erythrée, Gambie, Burundi, RDC, Congo, Cameroun, Guinée Bissau, Guinée Equatoriale (Pays hôte du Sommet), Tchad, Sao Tomé et Principe, Sierra Léone, Liberia, Somalie, Soudan, Madagascar, Malawi, Maurice, Seychelles, Mauritanie (Préside le Conseil de l’UA).
Implications géopolitiques et impact sur la souveraineté africaine
L’existence de cette note pose des questions fondamentales sur l’intégrité des processus de décision au sein des instances internationales et régionales. En instrumentalisant la précarité financière de certains États ou la vénalité de certains représentants, le Maroc a institutionnalisé une véritable diplomatie du chéquier.
Cette stratégie de corruption active met en lumière les défis colossaux auxquels l’Union Africaine fait face en matière de gouvernance et d’indépendance de ses membres. Alors que le dossier du Sahara Occidental demeure l’une des crises décoloniales les plus anciennes du continent, ces révélations démontrent que la bataille diplomatique ne se joue pas seulement sur le terrain du droit international, mais aussi dans les coulisses opaques de transactions financières hautement condamnables.
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