Bruxelles : Liste des élus d’origine marocaine

Selon la RTBF, lors du scrutin communal de 1994, les premiers élus d’origine maghrébine ont fait leur entrée dans plusieurs conseils communaux en région bruxelloise, suite aux réformes législatives élargissant l’accès à la nationalité belge. D’après Pierre-Yves Lambert du site Suffrage Universel, ces élus étaient une dizaine à l’époque dans plusieurs communes : la Ville de Bruxelles, Schaerbeek, Molenbeek…

M. Lambert précise que « la présence des candidats originaires de pays hors UE sur les listes et dans les conseils communaux a évolué  » à partir de 2006 et surtout de 2012 « .

Ce qui a surtout changé, dit-il,  » c’est qu’à l’époque (en 1994), il y avait surtout des candidats marocains, il n’y avait presque pas de candidats turcs, c’était marginal. Puis les origines se sont diversifiées : congolaises, turques, cela s’est élargi « . Il y a plus d’origines différentes et de profils variés : « Il y a un panel plus grand, car les communautés n’existent pas vraiment. Il y a des gens de toutes les palettes dans chaque communauté : plus ou moins religieux, plus ou moins nationalistes, etc. Il y a des gens qui ne sont pas rattachés à leur communauté d’origine mais qui sont connus pour leur profession : médecin, pharmacien, au-delà des questions d’origine. Certains sont plus politisés, d’autres vont d’un parti à l’autre. C’est du cas par cas ».

Pierre-Yves Lambert a comptabilisé le nombre d’élus d’origine non européenne, à l’issue du scrutin communal du 13 octobre 2024 en région bruxelloise. Selon ses estimations, ils sont 245 (dont 83 femmes) et représenteraient 35,35% des élus locaux. Voici quelques noms d’origine marocaine :

PARLEMENT FEDERAL :

Ecolo-Groen : Maouane Rajae

PS : Aouasti Khalil Chahid Ridouane

CD&V : Farih Nawal Lanjri Nahima

PVDA-PTB : Boukili Nabil

Vooruit : El Yakhloufi Achraf Lamarti Fatima

MR : Handichi Youssef

PARLEMENT BRUXELLOIS :

Composition détaillée du Parlement (législature 2024-2029) :


Côté francophone (72 sièges) :

-MR (Mouvement Réformateur) : le plus grand parti, dont est issu le Ministre-Président Boris Dilliès.
-PS (Parti Socialiste) : mené notamment par Ahmed Laaouej.
-PTB (Parti du Travail de Belgique) : mené par Françoise De Smedt.
-Les Engagés : mené par Christophe De Beukelaer.Ecolo : représenté notamment par John Pitseys.
-DéFI : représenté par Jonathan de Patoul.
Côté néerlandais (17 sièges) :
Team Fouad Ahidar : devenu une force importante.
Groen : représenté notamment par Stijn Beckx.
N-VA, Open VLD, Vooruit, et CD&V occupent également les sièges restants.

MEMBRES MAROCAINS :

-Mohamed Ouriaghli (PS) – 2ème vice-président

-Ilyas El Omari (Team Fouad Ahidar)

-MR : Loubna Azghoud

-PS : Ahmed Laaouej

-Open Vld : Imane Belguenani

-Ecolo : Farida Tahar

-Loubna Azghoud

-Amin El Boujdaini

-Nadia El Yousfi FWB

-Latifa Aït Baala

-Hanina El Hamamouchi PTB

-Mounir Laarissi

-Sofia Bennani

-Zakia Khattabi Ecolo

-Farida Tahar Ecolo

-Najima El Arbaoui (Fouad Ahidar)

-Ilyas El Omari (Fouad Ahidar)

Ilyas Mouani (Vooruit)

Latifa Aït Baali dénoncée par des fuites confidentielles sur le Maroc

Une enquête fouillée de la cellule investigation de la RTBF met en lumière des liens troubles entre des mandataires politiques belges et les autorités marocaines. Au cœur des soupçons : le financement et la production de contenus visant à défendre la position de Rabat sur le dossier sensible du Sahara occidental.

C’est un dossier qui agite les coulisses du pouvoir belge. Alors que le Sahara occidental — territoire annexé par le Maroc en 1975 et revendiqué par le Front Polisario — constitue un point de tension majeur sur l’échiquier international, une enquête de la RTBF révèle comment certains élus belges se sont faits les relais zélés de la diplomatie marocaine.

L’investigation pointe particulièrement du doigt la députée bruxelloise (MR) Latifa Aït-Baala. À travers son association Freemedia, l’élue a produit des documentaires consacrés à l’histoire du Sahara occidental. Or, ces travaux n’auraient pas été réalisés de manière indépendante : des documents issus des « Maroc Leaks » attestent d’un soutien financier direct du ministère des Marocains résidant à l’étranger, à hauteur de 15 000 euros en 2010-2011.

Plus troublant encore, la correspondance interne du gouvernement marocain suggère des interactions avec les services secrets. Un courriel de 2011 adressé par la députée au ministère de l’Intérieur marocain aurait été transmis à un haut cadre de la DGED, les services de renseignement extérieur du pays. Dans ses notes de cadrage, l’élue ne cachait pas son ambition : « lever le voile » sur le Polisario et « orienter les choix et les initiatives » politiques.

Une « propagande » dénoncée par les experts

Ces documentaires, diffusés au sein même d’enceintes prestigieuses comme le Parlement européen ou le Parlement fédéral, sont aujourd’hui qualifiés de « propagande » par les spécialistes. Marjorie Beulay, maîtresse de conférences en droit international, a passé ces productions au crible. Son constat est sans appel : « Juridiquement parlant, certaines informations présentées sont fausses et manipulées. On distord le droit. On ment. »

Pour l’experte, ces films verrouillent le récit en disqualifiant toute voix dissidente, transformant une thèse politique en une réalité déformée. Ces révélations posent désormais la question de l’influence étrangère au sein de la classe politique belge et de l’intégrité des débats parlementaires sur les enjeux géopolitiques internationaux.

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