Maroc : Tazmamart, Cellule 10.- Mémoires d’un survivant

Tazmamart. Cellule 10, d’Ahmed Marzouki (Ediciones del Oriente y del Mediterráneo, 2026. Traduction du français par Juan Vivanco Gefael). Pendant près de deux décennies, Tazmamart n’a pas existé. Au milieu du désert marocain, ce bagne secret fut le lieu où le régime de Hassan II enferma des dizaines de militaires condamnés après les tentatives de coup d’État de 1971 et 1972. Leur disparition devait être absolue : effacer leurs corps, leurs noms et jusqu’à la moindre trace de leur passage sur terre.

Ahmed Marzouki fut l’un des rares survivants. Dans Tazmamart. Cellule 10, il reconstitue les 18 années qu’il a passées enterré dans une cellule où l’obscurité, la faim, la maladie et l’isolement ont été utilisés comme instruments de destruction. Mais ce livre n’est pas seulement le récit d’une incarcération extrême ; il est, avant tout, une victoire de la parole face au silence imposé.

Avec une écriture sobre et précise, Marzouki évite le sentimentalisme et transforme son expérience individuelle en une dénonciation universelle contre les mécanismes de répression du pouvoir absolu. Son témoignage éclaire l’un des épisodes les plus sombres de ce que l’on a appelé les « années de plomb » marocaines.

La traduction de Juan Vivanco Gefael restitue pour les lecteurs hispanophones une œuvre incontournable sur la mémoire, la résistance et la nécessité de raconter ce que certains ont voulu faire disparaître.

Source : El País, 11/07/2026

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