Foyer anderlechtois : une commission d’enquête sous tension avant ses conclusions

La commission d’enquête du Parlement bruxellois consacrée au Foyer anderlechtois a achevé ses auditions lundi soir, après plusieurs semaines de travaux intensifs. Mise en place à la suite de soupçons d’irrégularités et de favoritisme dans l’attribution de logements sociaux à Anderlecht, elle doit désormais remettre ses conclusions et ses recommandations avant le 21 juillet.

Selon la RTBF, les députés ont auditionné une cinquantaine de témoins au cours de 143 heures d’auditions, dont plusieurs à huis clos. Parmi les personnes entendues figurait notamment Lotfi Mostefa, président du Foyer anderlechtois et figure centrale de cette affaire.

D’après la RTBF, le rythme particulièrement soutenu des travaux fait toutefois l’objet de vives divergences politiques. Pour la députée MR Clémentine Barzin, cette cadence était justifiée par l’urgence de la situation. Elle estime que les auditions ont permis d’obtenir une vision claire des dysfonctionnements et des réformes à envisager.

À l’inverse, plusieurs élus de l’opposition dénoncent des conditions de travail incompatibles avec une enquête approfondie. Selon Kalvin Soiresse (Ecolo), les délais imposés, le volume des auditions et l’accès limité à certains documents auraient empêché les parlementaires d’exercer pleinement leur mission de contrôle. Le député écologiste considère que cette organisation a nui à la recherche de la vérité.

Le PS se montre également critique, mais pour d’autres raisons. D’après la RTBF, le député Yannick Piquet estime que certains commissaires ont cherché à orienter les auditions afin de confirmer une thèse préétablie. Il rappelle que le parquet a déjà ouvert plusieurs instructions judiciaires dans ce dossier et juge que la commission a davantage servi à alimenter le débat médiatique qu’à établir des faits nouveaux.

Les travaux ont également été marqués par la démission de deux rapporteurs en moins d’une semaine. Selon la RTBF, le député N-VA Gilles Verstraeten a dénoncé une pression temporelle incompatible avec la rédaction d’un rapport sérieux. Quelques jours auparavant, Marie Cruysmans (Les Engagés) avait quitté ses fonctions de rapporteure, estimant que le calendrier ne permettait ni un examen rigoureux des auditions ni le recul nécessaire à une analyse de qualité. Elle considère néanmoins que la commission a permis de mettre en évidence plusieurs faiblesses en matière de gouvernance, de contrôle et de déontologie.

Les membres de la commission doivent désormais remettre leurs propositions de recommandations avant la rédaction du rapport final. Selon la RTBF, celui-ci devrait être débattu et soumis au vote du Parlement bruxellois lors de la dernière séance plénière précédant la pause estivale, prévue le 17 juillet. En parallèle, l’enquête judiciaire se poursuit afin de déterminer si des infractions pénales ont été commises.

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