La joie du Maroc au Mondial relance le débat autour de la chanson de Rabah Driassa en Algérie

La controverse ne porte pas sur l’interprétation de la chanson par les joueurs marocains, mais sur son attribution. Depuis plusieurs années, « Mabrouk Alina » est régulièrement associée à tort à un artiste marocain dans certains usages et présentations publiques, alors que l’œuvre a été écrite, composée et interprétée par l'algérien Rabah Driassa en 1981.

La qualification de l’équipe du Maroc pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde a donné lieu à une scène de célébration devenue virale : dans les vestiaires, les joueurs marocains ont repris en chœur « Mabrouk Alina », un titre emblématique du répertoire de l’artiste algérien Rabah Driassa. Une séquence festive qui a rapidement dépassé le cadre sportif pour raviver une polémique autour de l’origine et de la reconnaissance de cette œuvre.

La controverse ne porte pas sur l’interprétation de la chanson par les joueurs marocains, mais sur son attribution. Depuis plusieurs années, « Mabrouk Alina » est régulièrement associée à tort à un artiste marocain dans certains usages et présentations publiques, alors que l’œuvre a été écrite, composée et interprétée par Rabah Driassa en 1981.

Véritable figure de la chanson algérienne, Rabah Driassa, disparu en 2021, a marqué plusieurs générations avec un répertoire mêlant musique populaire, identité nationale et thèmes sociaux. « Mabrouk Alina » occupe une place particulière dans l’histoire sportive algérienne : le morceau a notamment accompagné les grands moments des Verts, en particulier lors de leur parcours historique à la Coupe du monde de 1982 en Espagne.

Au fil des années, la chanson est devenue un hymne associé aux célébrations footballistiques, dépassant les frontières et les rivalités sportives. Les supporters marocains l’ont également adoptée lors de leurs rassemblements pour célébrer les succès de leur sélection. Une popularité qui, pour certains observateurs, témoigne de la force culturelle de l’œuvre, mais qui soulève également des interrogations lorsque son auteur original n’est pas cité.

Le débat s’inscrit dans un contexte plus large de tensions récurrentes autour de la reconnaissance du patrimoine culturel maghrébin. Des voix dénoncent régulièrement ce qu’elles considèrent comme des tentatives d’appropriation ou d’effacement de références artistiques algériennes, tandis que d’autres rappellent que les échanges culturels entre les peuples de la région sont anciens et souvent entremêlés.

Face à cette situation, Abdou Driassa, fils de l’artiste, avait indiqué avoir engagé des démarches officielles contre un chanteur marocain accusé de s’être attribué la chanson. Il affirme que « Mabrouk Alina » est enregistrée au nom de son père auprès de la SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), soulignant l’importance de préserver les droits d’auteur et la mémoire artistique de Rabah Driassa.

Ainsi, derrière une simple chanson entonnée après une victoire sportive, c’est toute la question de la transmission, de la propriété artistique et de la valorisation du patrimoine culturel qui refait surface. Une nouvelle illustration de la place particulière qu’occupent les œuvres musicales dans l’histoire et l’identité collective des peuples.

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