Une nouvelle polémique agite les milieux médiatiques marocains et algériens autour de la présence au Canada de deux figures critiques du pouvoir marocain, Mehdi Hijaouy et Hicham Jerando. Selon un article publié par Le Courrier d’Algérie, intitulé « Il cherche à faire taire Mehdi Hijaouy et Hicham Jerando, deux opposants installés dans ce pays : Le Makhzen est furieux contre le Canada ! », cette affaire illustrerait une montée des tensions entre les autorités marocaines et certains opposants établis à l’étranger.
D’après le média algérien, Rabat serait mécontent de la situation de ces deux hommes au Canada, pays qui leur offre un cadre juridique leur permettant de poursuivre leurs activités publiques. L’article affirme que les autorités marocaines chercheraient à limiter leur influence, notamment en raison de leurs prises de position critiques envers le système politique marocain et certaines orientations diplomatiques du royaume.
Des profils au parcours controversé
Mehdi Hijaouy est présenté par Le Courrier d’Algérie comme un ancien membre de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), les services de renseignement extérieurs marocains. Le journal affirme qu’après avoir quitté le Maroc, il aurait obtenu une protection internationale et se serait installé au Canada.
Hicham Jerando, quant à lui, est décrit comme une personnalité ayant entretenu auparavant des liens avec certains cercles proches du pouvoir marocain avant de devenir critique du régime. Installé au Canada depuis plusieurs années, il s’exprime régulièrement sur des sujets politiques liés au Maroc.
Selon la publication, leurs critiques du pouvoir marocain, de la monarchie et de la normalisation des relations avec Israël auraient provoqué de fortes réactions de la part de leurs adversaires.
Une bataille médiatique qui dépasse les frontières
L’article de Le Courrier d’Algérie met également en avant le rôle des médias et des réseaux numériques dans cette confrontation. Le journal accuse certains relais médiatiques proches du pouvoir marocain ainsi que des campagnes en ligne d’avoir tenté de faire pression sur les autorités canadiennes.
La publication cite notamment des appels visant à obtenir des mesures contre les deux opposants, allant jusqu’à évoquer leur éventuelle expulsion. Elle estime toutefois que ces démarches seraient difficiles à concrétiser en raison du statut juridique de Hicham Jerando au Canada et de la protection dont bénéficierait Mehdi Hijaouy.
Le débat sur la liberté d’expression et l’activisme politique à l’étranger
Au-delà du cas de ces deux personnalités, cette affaire relance le débat sur la place des opposants politiques en exil et sur les limites de l’action des États face aux critiques venant de l’étranger.
Les défenseurs des droits des opposants considèrent que les pays accueillant des réfugiés ou des citoyens engagés politiquement doivent garantir leur liberté d’expression. De leur côté, les autorités visées par ces critiques invoquent généralement la lutte contre la diffamation, la désinformation ou les campagnes hostiles.
Cette nouvelle controverse illustre ainsi une réalité devenue fréquente dans la région : les affrontements politiques ne se jouent plus uniquement sur les territoires nationaux, mais également dans l’espace médiatique et numérique international.
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