Dans un développement marquant, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a demandé la remise en liberté du fonctionnaire consulaire du consulat d’Algérie à Créteil, « Ismaïl R. », placé en détention provisoire depuis le 12 avril 2025 pour des soupçons d’implication dans l’enlèvement présumé d’Amir Boukhors, selon la justice française.
Cette affaire est survenue au plus fort de la crise diplomatique entre la France et l’Algérie, qui avait conduit les deux pays à procéder à l’expulsion réciproque de 24 diplomates.
Pour les autorités algériennes, la détention d’« Ismaïl R. » constitue le principal obstacle à une normalisation des relations avec Paris. Selon des sources proches des relations bilatérales, elle aurait même compromis toute perspective de grâce en faveur du journaliste sportif français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie.
La demande de remise en liberté a été formulée par le PNAT à la suite d’une requête déposée par les avocats de la défense, rapporte le journal *Le Monde*.
Selon le quotidien, le parquet, qui s’était jusque-là opposé à toutes les demandes de libération, a désormais demandé la remise en liberté du fonctionnaire consulaire. Ce revirement est considéré comme une évolution importante dans ce dossier, qui a contribué à aggraver la crise entre les deux pays.
Le journal indique également que le PNAT a demandé, ce mardi, le placement du fonctionnaire sous contrôle judiciaire, estimant que « le maintien en détention n’est plus justifié ». L’affaire sera réexaminée le 13 juillet prochain.
Cette affaire est considérée comme l’un des héritages de l’ancien ministre français de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Alors que l’Algérie et la France semblaient s’orienter vers un apaisement en avril 2025, notamment après la visite jugée prometteuse du ministre français des Affaires étrangères en Algérie, les relations ont connu un brusque revers après l’annonce de l’arrestation du fonctionnaire consulaire algérien par les services français de sécurité intérieure, placés sous l’autorité du ministère de l’Intérieur.
L’Algérie avait alors accusé Bruno Retailleau d’être à l’origine de cette arrestation afin de faire échouer le processus de rapprochement entre les deux pays.
Dans les jours qui ont suivi, Paris a rappelé son ambassadeur en Algérie. Les deux capitales ont ensuite procédé à l’expulsion réciproque et sans précédent de 12 agents consulaires de chaque côté, plongeant les relations bilatérales dans plusieurs mois de blocage diplomatique.
Après plusieurs mois de tensions, l’Algérie et la France ont engagé un nouveau processus de sortie de crise, marqué par des visites ministérielles réciproques et la reprise de la coopération dans les domaines de la migration et de la sécurité.
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