José Garcia dénonce un système « du fait du prince » dans l’attribution des logements sociaux et appelle à revoir les règles permettant de contourner le classement par points.
La polémique autour de la gestion du logement social bruxellois se poursuit. Entendu lundi par la commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les soupçons d’irrégularités au sein du Foyer anderlechtois, José Garcia, administrateur délégué du Syndicat des locataires, a plaidé pour la suppression du régime de dérogations permettant de s’écarter du classement officiel des candidats.
Invité de l’émission Bonjour Bruxelles, il s’est montré particulièrement critique envers l’article 33 de l’arrêté du 26 septembre 1996, qui autorise les Sociétés immobilières de service public (SISP) à attribuer certains logements en dehors du système des points lorsqu’une situation sociale urgente le justifie.
Pour José Garcia, ce mécanisme ouvre la porte à des dérives et nourrit la suspicion. « Ces dérogations restent fondamentalement le fait du prince. Or, on ne sait jamais ce qu’il y a dans la tête du prince, il vaut mieux éviter que le prince prenne de telles décisions », a-t-il déclaré.
Le responsable du Syndicat des locataires précise toutefois qu’il ne vise pas des personnes en particulier, mais bien le fonctionnement du système lui-même. Selon lui, l’article 33 contient un risque structurel de clientélisme et devrait être supprimé ou profondément réformé.
« Il faut mettre en place un système qui échappe aux responsables des sociétés », estime-t-il. À défaut d’une suppression totale, il propose que l’intervention politique se limite aux conseils d’administration des sociétés de logement social, sans possibilité d’influencer directement les attributions individuelles.
Réduire la part des dérogations
José Garcia estime également que, si le dispositif est maintenu, il faudrait au minimum réduire fortement le nombre de dossiers pouvant bénéficier d’une dérogation. Actuellement, ces procédures peuvent concerner jusqu’à 40 % des attributions réalisées l’année précédente.
Pour lui, cette proportion est trop importante et fragilise la confiance dans un système censé garantir une répartition transparente des logements sociaux.
Le Syndicat des locataires, qui existe depuis cinquante ans, dit avoir régulièrement reçu des témoignages de personnes dénonçant de possibles « magouilles » ou « malversations » dans le secteur du logement social. José Garcia affirme cependant n’avoir jamais eu la preuve d’un système de corruption financière.
« Jamais nous n’avons pu établir que des gens avaient reçu du pognon, sinon nous l’aurions dénoncé », a-t-il insisté.
L’organisation indique avoir systématiquement encouragé les personnes concernées à déposer plainte, sans avoir ensuite connaissance des suites données à ces démarches.
Alors que la commission d’enquête poursuit ses travaux, le débat reste ouvert sur l’équilibre à trouver entre la prise en compte des situations sociales urgentes et la nécessité de garantir une attribution des logements sociaux perçue comme équitable et transparente.
Source : BX1
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