La Chambre criminelle d’appel près la Cour d’appel de Casablanca a rendu, dans la soirée du jeudi 25 juin, son verdict dans l’affaire médiatisée dite de « l’Escobar du Sahara », prononçant de lourdes peines de prison à l’encontre de plusieurs personnalités politiques et économiques.
L’ancien dirigeant du Parti Authenticité et Modernité (PAM) et ex-président du Wydad Athletic Club, Saïd Naciri, a été condamné à 10 ans de prison ferme. De son côté, Abdelnabi Bioui, ancien président de la région de l’Oriental, a écopé de 12 ans de réclusion criminelle, soit la peine la plus lourde prononcée dans ce dossier.
Le tribunal a également condamné Belkacem El Mir à 10 ans de prison ferme, tandis qu’Abderrahim Bioui a été condamné à 9 ans de prison. La notaire Salima a écopé d’une peine de 6 ans de prison ferme. Quant à l’homme d’affaires Fouad El Yazidi, il a été condamné à 6 ans de prison, assortis d’une amende de 120 000 dirhams.
Les autres prévenus poursuivis dans cette affaire ont été condamnés à des peines allant de 2 à 9 ans de prison ferme, selon leur degré d’implication retenu par la justice.
Des accusations multiples et graves
Saïd Naciri était poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment faux et usage de faux dans des documents officiels, participation à une entente criminelle liée à la détention, au trafic, au transport, à l’exportation et à la tentative d’exportation de stupéfiants, escroquerie et tentative d’escroquerie, trafic d’influence, incitation à de faux témoignages sous la contrainte, recel de produits d’origine délictuelle, falsification et usage de chèques, ainsi que participation à l’importation de devises étrangères sans déclaration.
Abdelnabi Bioui était, pour sa part, poursuivi pour des faits liés au trafic international de stupéfiants, au faux en écriture officielle et usage de faux, à l’obtention de documents sous la contrainte, à la participation à des actes arbitraires portant atteinte aux libertés individuelles, ainsi qu’à la facilitation de l’entrée et de la sortie de personnes du territoire national dans le cadre d’une organisation criminelle, en plus de sa participation présumée à une association criminelle spécialisée dans le trafic international de drogue.
Cette décision marque une étape majeure dans l’un des dossiers judiciaires les plus retentissants de ces dernières années au Maroc, une affaire qui a mis en cause plusieurs responsables politiques, élus et hommes d’affaires soupçonnés d’entretenir des liens avec un vaste réseau de trafic international de stupéfiants.
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