L’influenceuse franco-algérienne Yass Naubelle a été condamnée par le Maroc à un an de prison après une vidéo polémique sur TikTok
Le tribunal de première instance de Marrakech a condamné ce lundi l’influenceuse franco-algérienne Yass Naubelle à un an de prison ferme ainsi qu’à une amende de 2.000 dirhams. Cette décision fait suite à la diffusion d’une vidéo sur TikTok dans laquelle elle critiquait vivement la conduite au Maroc et le comportement des forces de l’ordre.
L’affaire, qui a suscité une vive émotion sur les réseaux sociaux ces derniers jours, a connu son épilogue judiciaire ce lundi. Yass Naubelle, âgée d’une trentaine d’années et également fondatrice d’une marque de cosmétiques, a été reconnue coupable par le tribunal de première instance de Marrakech pour des propos jugés insultants envers le peuple marocain et les institutions du pays.
Des propos qui ont fait polémique
Tout commence par une vidéo publiée sur TikTok, rapidement devenue virale, dans laquelle l’influenceuse, en vacances à Marrakech, livre un récit cinglant de son expérience sur les routes marocaines. La séquence, aujourd’hui supprimée, a été visionnée des milliers de fois et a déclenché une avalanche de réactions.
Dans cette vidéo, Yass Naubelle déclarait notamment :
« Je tiens à m’excuser auprès de mon peuple, les Algériens, quand je dis que vous ne savez pas conduire. J’ai trouvé pire que vous : le peuple marocain ! »
Elle ajoutait, s’en prenant cette fois aux forces de l’ordre :
« La police marocaine n’en parlons pas (…) ils cherchent le moindre truc. Ils gardent l’argent dans leurs poches. »
Ces propos, jugés diffamatoires et méprisants par de nombreux internautes marocains, ont rapidement enflammé la toile. Des appels au boycott et des signalements ont été adressés aux autorités, qui ont décidé d’ouvrir une enquête.
Une interpellation à l’aéroport
L’influenceuse, qui pensait sans doute quitter le territoire sans encombre, a été interpellée vendredi dernier alors qu’elle s’apprêtait à embarquer à l’aéroport Marrakech-Menara à destination de la France. Passée les contrôles de sécurité, elle a été prise en charge par la police judiciaire, qui agissait sur la base d’un mandat d’arrêt national.
Placée en garde à vue, elle a été entendue sur le contenu de sa vidéo et les intentions qui l’avaient motivée. Selon des sources proches du dossier, elle aurait reconnu les faits tout en plaidant la maladresse et l’emportement, sans toutefois parvenir à convaincre le tribunal.
Une condamnation ferme
Ce lundi, le tribunal de première instance de Marrakech a rendu son verdict : un an de prison ferme et une amende de 2.000 dirhams (environ 185 euros). Les motivations détaillées de la décision judiciaire n’ont pas encore été rendues publiques, mais l’accusation avait requis des peines sévères pour « diffamation envers le peuple marocain » et « outrage à corps constitué ».
L’avocate de l’influenceuse, contactée par plusieurs médias, n’a pas encore indiqué si un appel allait être interjeté.
Une affaire qui interroge sur les limites de la liberté d’expression
Ce dossier met en lumière la sensibilité des autorités marocaines en matière d’atteinte à l’image du pays et à ses institutions. Dans un royaume où la police et les forces de l’ordre bénéficient d’une protection juridique renforcée, les critiques publiques, surtout lorsqu’elles émanent d’étrangers, sont rarement tolérées.
L’affaire a également relancé le débat sur les responsabilités des influenceurs, dont les publications, suivies par des milliers voire des millions d’abonnés, peuvent avoir des répercussions bien au-delà du simple partage d’expérience personnelle. En l’espèce, les propos tenus par Yass Naubelle ont été perçus comme une offense nationale, et non comme une simple critique de voyage.
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont partagées. Si une partie des internautes marocains salue une décision « juste » et « nécessaire pour dissuader les détracteurs du pays », d’autres s’interrogent sur la proportionnalité de la peine, évoquant une « justice expéditive » et un « excès de zèle ». Certains rappellent que des propos similaires tenus par des Marocains eux-mêmes auraient peut-être entraîné une tout autre issue.
Un précédent qui fait réfléchir
Cette condamnation pourrait avoir un effet dissuasif sur les créateurs de contenu en voyage au Maroc, un pays qui accueille chaque année des millions de touristes et où le secteur numérique est en plein essor. La frontière entre critique légitime et diffamation y est souvent ténue, et les autorités semblent déterminées à la tracer avec fermeté.
Pour Yass Naubelle, dont la notoriété reposait jusqu’ici sur ses conseils beauté et son quotidien de femme d’affaires, ce coup d’arrêt judiciaire marque un tournant brutal. Son avenir sur les réseaux sociaux, de même que sa liberté, est désormais suspendu à la décision de la justice marocaine et aux éventuelles voies de recours qui pourraient être engagées.
L’affaire, qui a pris une ampleur diplomatique et médiatique, n’a sans doute pas fini de faire parler d’elle. Reste à savoir si la condamnation sera confirmée en appel, ou si Yass Naubelle obtiendra une réduction de peine. En attendant, elle purge sa sanction dans l’enceinte de la prison de Marrakech, tandis que le débat sur les limites de la liberté d’expression continue d’agiter les réseaux sociaux.
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