Alors que l’envoyé personnel de l’ONU multiplie les consultations régionales, le président du comité de solidarité, Saïd Ayachi, décrypte les enjeux de ce déplacement. Face aux propositions d’autonomie de Rabat, le Polisario réaffirme l’intangibilité du droit à l’autodétermination et rappelle l’impact des victoires juridiques sur les ressources naturelles.
Un signal politique fort sur l’échiquier régional. La récente visite à Alger de Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, réaffirme l’implication continue de l’ONU dans le règlement du dossier sahraoui. Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, Saïd Ayachi, président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), a qualifié ce déplacement de jalon essentiel dans la préparation du prochain rapport destiné au Conseil de sécurité.
« La présence de M. de Mistura nous rassure quant au fait que l’ONU reste pleinement saisie du dossier », a-t-il souligné, rappelant que l’organisation internationale demeure « le seul cadre légitime » pour traiter cette question décolonisation.
Face aux tentatives de déviation du processus de paix, le président du CNASPS a tenu à réitérer la position immuable de l’Algérie, alignée sur le droit international et les résolutions onusiennes. « L’Algérie ne demande que l’application du droit », a-t-il martelé, rappelant que le Sahara occidental figure depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes et que le principe d’autodétermination y est juridiquement sanctuarisé.
M. Ayachi a ainsi revisité les fondements du processus, notamment le plan de règlement de 1991 conclu entre le Front Polisario et le Maroc. Ce compromis historique, qui a donné naissance à la Minurso, prévoyait un référendum libre et souverain. Pour le responsable, ce cadre historique reste la référence absolue, une position d’ailleurs confortée lors des débats entourant l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, où plusieurs membres influents ont réitéré leur attachement à ce droit inaliénable. Cette doctrine est également défendue avec constance par la Quatrième Commission de l’Assemblée générale et le Comité spécial de la décolonisation (Comité des 24).
Autodétermination : pas de solution sans le peuple sahraoui
Abordant les propositions alternatives promues par Rabat, à l’instar du plan d’autonomie, le président du comité s’est montré catégorique : aucune formule ne peut prétendre à la légitimité sans l’aval des urnes sahraouies. « Il faut que le peuple sahraoui se prononce, on ne peut rien lui imposer », a-t-il tranché.
Balayant d’un revers de main l’hypothèse d’une consultation élargie au corps électoral marocain, il a rappelé un principe élémentaire du droit international : « Ce sont les peuples sous domination coloniale qui doivent être consultés, et aucun autre ».
Au-delà de la stricte sphère politique, le conflit s’articule désormais autour d’un enjeu économique névralgique : le pillage des richesses sahraouies. M. Ayachi a mis en exergue le bras de fer juridique opposant le Makhzen aux institutions européennes concernant l’exploitation illégale des ressources du territoire occupé.
Rappelant les arrêts historiques de la justice internationale et européenne, il a souligné l’obligation de distinguer juridiquement le Sahara occidental du territoire marocain dans tout accord commercial. Qu’il s’agisse de ressources halieutiques ou minières, ce contentieux permanent illustre la portée hautement stratégique de cette lutte.
En somme, face aux manœuvres de blocage, la priorité pour Alger reste inchangée : sanctuariser le cadre onusien et garantir au peuple sahraoui le droit de décider librement de son destin, clé de voûte de la stabilité régionale pour ce qui demeure le dernier cas de décolonisation en Afrique.
Avec APS
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