Sahara Occidental : Reprise des armes entre le Maroc et le Polisario malgré la pression américaine (El País)

Alors que le Maroc contrôle 80 % du territoire et que près de 173 000 réfugiés sahraouis vivent toujours dans les camps d'Algérie, la mission de l'ONU (Minurso) se limite aujourd'hui à un simple rôle d'observateur militaire. Son mandat doit être réexaminé d'ici la fin octobre 2026.

La mort d’un haut responsable du Front Polisario dans une attaque de drone marocaine ravive les tensions au Sahara Occidental, paralysant les efforts diplomatiques intenses de Washington pour clore ce conflit cinquantenaire.

Une escalade militaire majeure

Le conflit au Sahara Occidental vient de franchir un cap critique avec la mort de Lahbib Mohamed Abdelaziz, figure de proue et commandant militaire du Front Polisario, tué dimanche dernier par une frappe de drone marocaine. Cet événement survient alors même que l’envoyé spécial de l’ONU, Staffan de Mistura, se trouvait dans la région pour relancer un processus politique au point mort. En réponse, le Polisario a intensifié ses attaques à l’artillerie contre les bases marocaines, marquant l’une des périodes les plus critiques depuis la rupture du cessez-le-feu en 2020.

L’échec de la médiation de Washington

Sous l’impulsion de la seconde administration de Donald Trump, les États-Unis avaient pourtant déployé début 2026 une pression diplomatique discrète mais intense. Une feuille de route avait été établie à Madrid pour tenter de sceller un accord-cadre basé sur le plan d’autonomie proposé par le Maroc (et soutenu par Washington depuis 2020). Cependant, l’attention internationale et les ressources de la Maison-Blanche ont été détournées par l’embrasement du conflit entre les États-Unis et l’Iran au Moyen-Orient, laissant le dossier saharien de nouveau dans l’impasse.

Des positions irréconciliables

Sur le terrain politique, le dialogue bute sur deux visions totalement opposées :

Le Maroc propose une autonomie élargie sous sa souveraineté, s’inspirant de modèles européens (comme l’Écosse ou les régions espagnoles), tout en maintenant une clause de sauvegarde permettant au pouvoir central de suspendre ces compétences.

Le Front Polisario rejette cette option unique et exige la tenue d’un référendum d’autodétermination incluant l’option de l’indépendance totale, s’appuyant sur les résolutions de l’ONU qui appellent à des négociations sans conditions préalables.

Quel avenir pour la Minurso ?

Alors que le Maroc contrôle 80 % du territoire et que près de 173 000 réfugiés sahraouis vivent toujours dans les camps d’Algérie, la mission de l’ONU (Minurso) se limite aujourd’hui à un simple rôle d’observateur militaire. Son mandat doit être réexaminé d’ici la fin octobre 2026. Dans une volonté de réduction des coûts, les États-Unis prévoient déjà de réduire drastiquement les effectifs et le budget de cette mission (qui s’élevait à 68 millions de dollars l’année dernière), illustrant un désengagement progressif face à un conflit gelé qui menace à nouveau d’exploser.

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