Les nouvelles règles européennes compliquent les transferts d’argent des Marocains de l’étranger

Selon Abderrahim Bouazza, directeur de Bank Al-Maghrib, le renforcement des exigences réglementaires imposées aux filiales européennes des banques marocaines constitue aujourd’hui un défi majeur. Ces nouvelles règles pourraient affecter les modalités de transfert des fonds envoyés par les Marocains vivant à l’étranger vers leur pays d’origine.

Le durcissement des réglementations bancaires au sein de l’Union européenne suscite des inquiétudes quant à l’avenir des transferts d’argent effectués par les Marocains résidant à l’étranger. La Banque centrale marocaine, Bank Al-Maghrib (BAM), affirme suivre de près ce dossier en concertation avec ses partenaires européens.

Ces dernières années, le Maroc a considérablement renforcé l’inclusion financière de sa population. Outre les banques traditionnelles, le pays a développé de nouveaux services tels que les établissements de paiement, les sociétés de transfert de fonds, les institutions de microfinance, les plateformes de financement participatif et les mécanismes publics de garantie des crédits.

Malgré ces avancées, d’importantes disparités persistent. Les habitants des zones rurales continuent d’avoir un accès plus limité aux services financiers que ceux des centres urbains. Les écarts demeurent également marqués entre les hommes et les femmes ainsi qu’entre les jeunes et les personnes âgées. La Stratégie nationale d’inclusion financière vise précisément à réduire ces inégalités.

Selon Abderrahim Bouazza, directeur de Bank Al-Maghrib, le renforcement des exigences réglementaires imposées aux filiales européennes des banques marocaines constitue aujourd’hui un défi majeur. Ces nouvelles règles pourraient affecter les modalités de transfert des fonds envoyés par les Marocains vivant à l’étranger vers leur pays d’origine.

Dans ce contexte, les autorités marocaines poursuivent leurs efforts pour rendre ces transferts plus abordables, plus transparents et plus accessibles. Parmi les mesures déjà adoptées figure la suppression des contrats d’exclusivité qui liaient les opérateurs internationaux de transfert d’argent à leurs partenaires locaux.

Les transferts de la diaspora marocaine représentent un pilier essentiel de l’économie nationale. Ils constituent une source importante de devises étrangères et assurent un soutien financier à des milliers de ménages. D’après les données de la Banque mondiale, le Maroc a reçu un montant record de 11,8 milliards de dollars en 2023, soit environ 10,9 milliards d’euros.

Cependant, cette manne financière reste principalement consacrée aux dépenses courantes des familles. Selon le Haut-Commissariat au Plan, près de 87 % des fonds transférés sont utilisés pour couvrir les besoins quotidiens des ménages, tandis qu’une faible part est orientée vers l’investissement productif ou la création d’entreprises.

Abderrahim Bouazza attribue cette situation à plusieurs obstacles, notamment la lourdeur administrative, un environnement entrepreneurial encore perfectible et le manque d’incitations à l’investissement. Les difficultés sont particulièrement visibles dans les zones rurales, où les capitaux envoyés par la diaspora peinent à se transformer en projets créateurs d’emplois et de développement local.

Pour remédier à cette situation, les autorités marocaines misent sur plusieurs réformes. Celles-ci concernent notamment le soutien à l’investissement privé, l’accompagnement des très petites entreprises et l’extension de la protection sociale. Le nouveau cadre national d’investissement devrait également contribuer à orienter davantage les ressources de la diaspora vers des projets économiques productifs.

Pour Bank Al-Maghrib, ces initiatives s’inscrivent dans une vision plus large : bâtir une économie marocaine plus inclusive, plus résiliente et capable d’offrir davantage d’opportunités à l’ensemble de la population.

Source : Marokko Nieuws

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