Algérie-France-Sansal : Un âne ne sera jamais un cheval

Les colonialistes français pensaient avoir créé une arme contre l’Algérie et contre l’islam. Pourtant, les véritables écrivains algériens, ceux dotés d’un vrai talent et d’un patriotisme à toute épreuve — ceux qui portent encore dans leur langue la mémoire des peuples, la dignité des humiliés et la noblesse de l’esprit — reconnaissent immédiatement la créature qu’on leur présente.

𝐈l était une fois un étrange personnage des lettres, une sorte de simulacre d’écrivain algérien, convaincu d’être destiné aux grandeurs littéraires alors que le ciel, dans une ironie discrète, lui avait refusé les deux instruments essentiels des grands auteurs : le talent et la clairvoyance. Il rêvait pourtant de rejoindre la lignée des véritables écrivains, ceux dont la plume éclaire les peuples et traverse les siècles. Mais à défaut de génie, il décida de chercher un raccourci.

𝐃urant des années, il s’abreuva aux émissions tapageuses des médias xénophobes français, ces théâtres de foire où l’indignation tient lieu de pensée et où la haine se maquille en courage intellectuel. Puis un soir, comme le petit Vicky de notre enfance frottant son nez magique, il bondit presque de joie : « Eurêka ! Eurêka ! J’ai trouvé comment devenir un auteur célèbre sans posséder le moindre talent ! »

𝐋e raisonnement était d’une simplicité désarmante. Puisque certains lecteurs modernes ne cherchent plus dans les livres la profondeur, la beauté ou la vérité humaine, mais le frisson de leurs propres rancœurs, pourquoi ne pas leur offrir exactement ce qu’ils désirent entendre ? Pourquoi ne pas transformer la haine de l’islam, du musulman et de l’Algérien en fonds de commerce littéraire ? Pourquoi ne pas flatter les instincts les plus bas en les enveloppant d’un vernis de pseudo-réflexion ?

𝐀lors ce petit artisan de la provocation entreprit de renier ce dont il était issu, comme certains renient leur mère pour obtenir une place à table chez les puissants. Il se rapprocha des sionistes avec une application presque touchante, multipliant les clins d’œil islamophobes et les provocations calculées, pareil à ces vieilles et frigides prostituées du bois de Boulogne qui n’arrivent plus à exciter à cause de leur ptôse mammaire, soulèvent leur jupe non par désir, mais pour attirer de vieux obsédés sexuels.

𝐈l se mit donc à écrire une haine artificielle de l’islam, fabriquée de toutes pièces pour séduire certains éditeurs spécialisés dans ce commerce rentable de la peur. Et comme les écrivains algériens capables d’écrire correctement tout en haïssant leur propre civilisation sont rares, ces éditeurs finirent par se satisfaire de ce personnage médiocre, comme ils s’étaient déjà accommodés d’autres figures grotesques élevées artificiellement au rang d’« experts », à l’instar de l’idiot Chalghoumi.

𝐀 coups de publicité tapageuse, d’interviews complaisantes et parfois même de plumes anonymes chargées de rendre ses textes vaguement lisibles, ils réussirent à fabriquer autour de lui une illusion d’auteur. Peu à peu, il devint leur homme du scandale, celui qu’on exhibe sur les plateaux pour donner un accent exotique aux vieilles obsessions idéologiques.

𝐌ais ses protecteurs connaissaient trop bien ses limites. Ils savaient qu’en direct, sans oreillettes ni prompteur, la supercherie risquait de s’effondrer. Alors ils l’encadrèrent avec prudence, craignant qu’au détour d’une phrase maladroite il ne révèle au public l’étendue de sa médiocrité et ne compromette ainsi le projet dont il n’était ni l’auteur, ni le stratège, mais seulement le figurant docile.

𝐈ls pensaient avoir créé une arme contre l’Algérie et contre l’islam. Pourtant, les véritables écrivains algériens, ceux dotés d’un vrai talent et d’un patriotisme à toute épreuve — ceux qui portent encore dans leur langue la mémoire des peuples, la dignité des humiliés et la noblesse de l’esprit — reconnaissent immédiatement la créature qu’on leur présente. Car sous les habits du polémiste se cache moins un penseur qu’un pauvre assemblage de rancunes et de vanités : une silhouette cousue dans une peau d’âne, animée par la cervelle inquiète d’un rat d’égout.

𝐏endant ce temps, les véritables écrivains algériens observaient le spectacle comme on regarde un ivrogne tenter de diriger un orchestre symphonique avec une baguette de pain.

𝐂ar les lecteurs patriotes algériens connaissaient sa vérité : derrière le faux rebelle se cachait surtout un homme désespérément ordinaire, pour ne pas dire médiocre, prêt à vendre ses racines pour quelques invitations en studio et trois photos dans les magazines du dimanche.

𝐈l était devenu l’animal de compagnie favori des polémistes : on le nourrissait de scandales et d’islamophobie, on le promenait sur les plateaux avec sa chaîne de fer, puis on le remettait dans sa cage médiatique jusqu’à la prochaine controverse.

𝐄t lui, heureux comme un paon sous amphétamines, croyait réellement être entré dans l’Histoire… alors qu’il n’était qu’une parenthèse bruyante dans le grand théâtre du ridicule contemporain. Pauvre France littéraire. 

🖊️ 𝐌𝐞𝐥 𝐊𝐚𝐦 (𝐏𝐚𝐠𝐞 : 𝐓𝐚𝐆𝐚𝐬𝐭) / 𝐌𝐚𝐢 𝟐𝟎𝟐𝟔

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*