Vieux réflexe : Le mot “maghrébin” utilisé comme couvercle posé sur “algérien”

Une publication sur Tahar Ben Jelloun, écrivain marocain, et une autre sur Kateb Yacine, présenté comme écrivain maghrébin, sur le site d’une bibliothèque française (BNF) un événement littéraire.

Voici une version rédigée sous forme d’article de presse d’opinion et d’analyse culturelle :

Quand « maghrébin » efface « algérien » : le débat sur une désignation culturelle contestée

Par la rédaction

L’usage du terme « maghrébin » pour désigner des œuvres, des auteurs ou des productions spécifiquement algériens fait l’objet de critiques récurrentes de la part d’intellectuels et d’acteurs culturels algériens. Pour eux, cette appellation générique contribue à diluer l’identité culturelle algérienne et à la rendre moins visible sur la scène internationale.

La polémique ressurgit régulièrement à travers des exemples relevés dans les médias, les institutions culturelles ou les plateformes de diffusion. Dernier cas en date : la présentation de l’écrivain algérien Kateb Yacine comme un « auteur maghrébin » sur le site d’une institution culturelle française, tandis que l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun était clairement identifié comme « écrivain marocain ».

Après signalement, l’erreur a été reconnue et des excuses ont été formulées. Toutefois, selon les observateurs qui dénoncent ce phénomène, les corrections nécessaires ne sont pas toujours apportées, laissant subsister une asymétrie dans la manière de nommer les créateurs issus des différents pays du Maghreb.

Selon ces critiques, le terme « culture maghrébine » est fréquemment utilisé lorsqu’il s’agit d’œuvres algériennes, alors que les productions marocaines ou tunisiennes bénéficieraient plus souvent d’une identification nationale explicite. Cette tendance est notamment observée sur certaines plateformes de streaming.

Des exemples sont régulièrement cités : le film algérien Chronique des années de braise est parfois présenté comme relevant du « cinéma maghrébin », tout comme Harraga Blues, décrit comme un « film maghrébin ». À l’inverse, des œuvres telles que Ali Zaoua ou La Saison des hommes sont généralement qualifiées respectivement de « films marocain » et « tunisien ».

Le même constat est dressé dans certains musées et expositions en Europe. Des objets provenant du Maroc sont identifiés comme relevant de « l’artisanat marocain », ceux de Tunisie de « l’artisanat tunisien », tandis que des pièces issues d’Algérie sont parfois regroupées sous l’appellation plus large d’« artisanat maghrébin ».

Pour les défenseurs d’une meilleure reconnaissance de l’identité culturelle algérienne, cette pratique n’est pas anodine. Ils estiment qu’elle contribue à rendre moins visibles les spécificités historiques, artistiques et patrimoniales de l’Algérie. À leurs yeux, le recours systématique au qualificatif « maghrébin » agit comme un « couvercle » posé sur l’identité algérienne, empêchant une reconnaissance claire de son apport culturel propre.

D’autres observateurs soulignent toutefois que le terme « maghrébin » conserve une pertinence lorsqu’il désigne des dynamiques régionales, des héritages partagés ou des phénomènes culturels transnationaux. Le débat porte donc moins sur l’existence de cette notion que sur son utilisation à la place des identités nationales lorsqu’il s’agit d’œuvres ou d’auteurs clairement rattachés à un pays précis.

Au-delà de la question terminologique, cette controverse met en lumière les enjeux de représentation culturelle et de visibilité internationale. Pour ses détracteurs, l’usage imprécis du mot « maghrébin » participe à une forme d’effacement symbolique. Ils appellent les médias, institutions culturelles et acteurs du monde de l’édition à privilégier une identification nationale précise lorsque celle-ci est pertinente, afin de reconnaître pleinement l’origine et l’histoire des œuvres concernées.

J’ai adopté un ton journalistique neutre et analytique. Si vous souhaitez un article plus engagé, de type tribune ou éditorial, je peux également le reformuler dans ce registre.

Avec Nassira Belloula

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