Le gouvernement nigérien a renouvelé son soutien politique au projet d’uranium Dasa, développé par la société canadienne Global Atomic Corporation, dans un contexte de repositionnement stratégique du pays après le coup d’État de juillet 2023 et de recherche de nouveaux débouchés commerciaux régionaux.
Dans un communiqué publié le 26 mai, Global Atomic a indiqué qu’une délégation conduite par son directeur général, Stephen Roman, s’était rendue à Niamey ainsi que sur le site minier de Dasa afin de rencontrer les plus hautes autorités nigériennes, dont le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le général Abdourahamane Tiani, le Premier ministre Ali Lamine Zeine et le ministre des Mines Ousmane Abarchi.
Cette visite intervient alors que le marché mondial de l’uranium bénéficie d’un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire, porté par les enjeux de sécurité énergétique, la transition bas carbone et l’augmentation des besoins en électricité liée notamment au développement de l’intelligence artificielle.
Le projet Dasa, exploité par la Société Minière de Dasa (SOMIDA), constitue actuellement le plus important projet minier en développement au Niger. SOMIDA est détenue à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l’État nigérien.
Selon l’entreprise canadienne, des représentants du gouvernement siégeant au conseil d’administration de SOMIDA ont effectué leur première visite officielle du site. Ils ont pu constater l’avancement des travaux souterrains, des infrastructures minières ainsi que le niveau d’emploi local généré par le projet.
« Cette visite a renforcé le soutien du gouvernement au projet et confirmé l’importance stratégique de Dasa pour le Niger », a déclaré Stephen Roman.
À l’issue des rencontres, le président Abdourahamane Tiani a adressé une lettre de soutien à Global Atomic, qualifiant Dasa « d’investissement stratégique majeur » pour le pays en raison de son impact attendu sur l’emploi, les infrastructures et le développement des ressources minières nationales.
Le chef de l’État a également demandé aux ministères et administrations concernés d’accompagner le projet « dans un esprit de partenariat équilibré et mutuellement bénéfique ».
Depuis le changement de régime en 2023, le Niger cherche à redéfinir ses relations diplomatiques et économiques, notamment dans le secteur minier historiquement dominé par le groupe français Orano, anciennement Areva.
Dans ce contexte, Global Atomic a révélé que des discussions étaient en cours autour d’un éventuel corridor d’exportation reliant le site de Dasa aux ports méditerranéens via l’Algérie. Ce projet découlerait d’un récent accord de coopération entre Niamey et Alger, même si aucun dispositif officiel d’exportation d’uranium n’a encore été annoncé.
« C’est une évolution très prometteuse », a estimé Stephen Roman. « La route entre Dasa et la frontière algérienne est courte, et les infrastructures ainsi que les conditions de sécurité en Algérie sont excellentes. »
Situé dans la région d’Agadez, au sein du bassin de Tim Mersoï, le gisement de Dasa a été découvert en 2010 et a obtenu ses permis miniers en 2020. Les travaux de développement souterrain ont débuté en 2022, bien que la production commerciale d’uranium n’ait pas encore commencé.
D’après les études de faisabilité de Global Atomic, Dasa pourrait devenir l’une des mines d’uranium à plus haute teneur d’Afrique, avec une production annuelle prévue de plusieurs millions de livres de concentré d’uranium durant toute sa durée d’exploitation.
Outre ses activités au Niger, Global Atomic détient également 49 % d’une coentreprise en Turquie spécialisée dans le recyclage des poussières issues des fours électriques en concentré d’oxyde de zinc.
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