Devant le tribunal correctionnel d’Anvers, un procès hors norme s’est tenu jeudi. Othman El Ballouti, 38 ans, extradé des Émirats arabes unis après des années de cavale, conteste une condamnation par défaut à 27 ans de réclusion pour trafic de stupéfiants. L’homme, que la justice considère comme un « gros baron » de la drogue, clame son innocence et dénonce des poursuites fondées, selon lui, sur sa seule réputation familiale.
Présenté comme une « cible de haute valeur » par les autorités, Othman El Ballouti a vu son dossier jugé en son absence, avant d’être finalement extradé de Dubaï l’été dernier et transféré par jet privé vers la prison hautement sécurisée de Bruges. Jeudi, il a comparu pour la première fois en personne, refusant catégoriquement d’être tenu responsable du lourd passé judiciaire de sa fratrie. Ses frères Jamal, Nordin et Younes ont en effet accumulé les condamnations pour fraude ou trafic de stupéfiants.
« Condamner un homme sur deux messages ? »
La défense, menée par Me Nathalie Buisseret, dépeint un tout autre portrait de son client : un père de quatre enfants, au caractère introverti et bien loin de la figure criminelle dépeinte publiquement. L’avocate insiste pour qu’Othman soit traité comme n’importe quel citoyen, indépendamment de son nom.
L’accusation repose initialement sur des faits massifs : l’importation présumée de 11 tonnes de cocaïne équatorienne (20 ans requis) ainsi que d’autres opérations (7 ans supplémentaires). Pourtant, selon nos confrères de *7sur7* relayés par Bladi.net, le dossier serait « presque intégralement fondé sur deux messages extraits du réseau crypté Sky ECC ».
Un argument choc que n’a pas manqué de soulever Me Dimitri De Béco à la barre : « Allez-vous condamner un homme à 27 ans de prison sur la base de deux messages ? », a-t-il lancé aux magistrats, dénonçant un manque flagrant de preuves concrètes. La défense suggère même que ces communications et les identifiants associés pourraient appartenir à une autre organisation, la famille Tarrahi.
Un départ pour Dubaï justifié par l’insécurité
Interrogé sur sa fuite aux Émirats arabes unis en 2016, Othman El Ballouti a assuré avoir quitté Anvers en raison d’un « climat d’insécurité insoutenable », consécutif à l’enlèvement de son jeune frère Younes. Sur place, il affirme avoir mené une vie modeste, travaillant dans le restaurant d’un de ses frères, et réfute catégoriquement les rumeurs faisant état d’une prétendue fortune immobilière.
« Je n’ai jamais imaginé une seule seconde que le tribunal me condamnerait », a-t-il déclaré à la barre, répétant n’avoir aucun lien avec le narcotrafic. Un dossier tragique, celui de l’assassinat de sa nièce Firdaous il y a trois ans, a également refait surface, mais le prévenu n’y a été entendu que comme simple témoin.
Le parquet d’Anvers maintient ses réquisitions sévères. La décision finale, très attendue, sera rendue le 26 juin prochain.
*Source : Bladi.net (Belgique : un gros baron de la drogue extradé de Dubaï joue son va-tout à Anvers, 29 mai 2026)*
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