Affaire de la Libye : Claude Guéant accuse Nicolas Sarkozy d’une stratégie « cruelle » et « cynique »

Au cœur des débats figure une rencontre secrète tenue en octobre 2005 entre Claude Guéant et Abdallah Senoussi, considéré à l’époque comme le numéro deux du régime libyen de Mouammar Kadhafi. Cette réunion est perçue par l’accusation comme une étape déterminante dans le supposé pacte de corruption qui aurait permis un financement occulte de la campagne présidentielle de 2007.

Lors du procès en appel sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, les tensions entre Nicolas Sarkozy et son ancien bras droit Claude Guéant se sont fortement accentuées. L’avocat de ce dernier, Me Philippe Bouchez El Ghozi, a vivement critiqué mardi la stratégie de défense de l’ancien président français, dénonçant une attitude empreinte de « cruauté » et de « cynisme ».

Selon l’avocat, l’état de santé de Claude Guéant, qui l’empêche d’assister aux audiences, aurait été exploité par Nicolas Sarkozy pour orienter sa défense. Me Bouchez El Ghozi estime que son client a été désigné comme principal responsable supposé des flux financiers litigieux liés à la Libye. « L’absence de Claude Guéant a été utilisée par Nicolas Sarkozy », a-t-il affirmé devant la cour d’appel de Paris, dénonçant une logique consistant à faire porter la responsabilité à ceux qui ne peuvent pas répondre.

L’avocat a résumé la position de l’ancien chef de l’État par une formule particulièrement directe : « C’est pas moi, c’est les autres ! ». Il a également qualifié ce changement de ligne de défense de « violence inouïe », soulignant qu’en première instance, Claude Guéant et Nicolas Sarkozy présentaient jusque-là un front commun.

Au cœur des débats figure une rencontre secrète tenue en octobre 2005 entre Claude Guéant et Abdallah Senoussi, considéré à l’époque comme le numéro deux du régime libyen de Mouammar Kadhafi. Cette réunion est perçue par l’accusation comme une étape déterminante dans le supposé pacte de corruption qui aurait permis un financement occulte de la campagne présidentielle de 2007.

Me Bouchez El Ghozi a reconnu l’existence de cette rencontre, tout en affirmant qu’elle n’avait pas été souhaitée par son client. Selon lui, Claude Guéant « la regrette et la regrettera encore jusqu’à la fin du peu de vie qu’il lui reste à vivre ». Il a toutefois rejeté toute idée de promesse ou d’accord illicite.

L’avocat a également soutenu que Nicolas Sarkozy avait été informé de cette entrevue et qu’il aurait demandé à Claude Guéant d’examiner la situation judiciaire d’Abdallah Senoussi. Une affirmation contestée par l’ancien président, qui nie avoir initié ou même eu connaissance de cette rencontre.

Le procès se poursuit alors que les avocats de Nicolas Sarkozy doivent présenter leur plaidoirie finale dans une affaire qui continue d’alimenter les débats politiques et judiciaires en France.

Avec 20 Minutes

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