Emportée par une rhétorique hostile orchestrée par la propagande d’État, une frange du nationalisme marocain sombre dans un paradoxe absurde : s’allier avec ses propres détracteurs historiques par simple obsession anti-algérienne. Une dérive géopolitique et identitaire qui relève du lavage de cerveau.
Dans le théâtre des tensions maghrébines, une dérive singulière frappe aujourd’hui une partie de la sphère nationaliste marocaine. Nourrie au grain d’un narratif officiel systématiquement tourné vers la diabolisation du voisin de l’Est, cette mouvance semble avoir perdu sa boussole idéologique. À force de vouloir nuire à l’Algérie, elle s’enfonce dans des alliances contre-nature qui confinent au ridicule, révélant une naïveté politique déconcertante.
Le mirage des alliances opportunistes
Le cœur de ce naufrage intellectuel réside dans un aveuglement spectaculaire face aux nouveaux « alliés » de circonstance. Pour une certaine frange de cyber-nationalistes et d’idéologues de salon, l’entité israélienne et l’extrême droite française seraient subitement devenues les meilleures amies du Maroc.
Penser un seul instant que ces courants portent une quelconque affection ou un respect sincère envers le peuple marocain relève d’une profonde méconnaissance des dynamiques de pouvoir :
L’extrême droite française : Celle-là même qui a bâti son fonds de commerce politique sur la xénophobie, le rejet de l’arabe, de l’islam et de l’immigration maghrébine (sans distinction de passeport), se retrouve encensée par des nationalistes marocains.
La réalité instrumentale : Pour ces forces politiques extérieures, le nationalisme marocain n’est pas un partenaire, mais un simple outil géopolitique. Une carte à jouer pour tenter de déstabiliser une Algérie jugée trop insoumise, trop attachée à ses principes de souveraineté et historique dans son refus de courber l’échine devant les agendas impérialistes.
« En politique, le ridicule commence là où l’on prend les sourires de façade de ses ennemis d’hier pour de la diplomatie fraternelle. »
Un lavage de cerveau qui efface la mémoire
Comment en est-on arrivé là ? C’est le résultat d’un conditionnement médiatique intense où chaque problème interne — socio-économique ou politique — est systématiquement détourné vers un coupable idéal : l’Algérie. Ce lavage de cerveau a fini par inverser les valeurs de ceux qui le subissent.
Par pure haine obsessionnelle, ces militants oublient l’histoire coloniale, oublient le racisme structurel auquel font face leurs propres compatriotes à l’étranger, et s’alignent sur des positions qui trahissent les luttes de libération maghrébines. Pendant ce temps, de l’autre côté de la frontière, l’Algérie maintient sa ligne de conduite, fidèle à ses principes historiques, refusant de négocier ses positions fondamentales pour plaire aux puissances occidentales ou régionales.
L’arroseur arrosé
La tragédie de ce nationalisme de façade est qu’il refuse de voir qu’il est le dindon d’une farce géopolitique. Utiliser le sionisme ou le néo-colonialisme européen pour espérer affaiblir son voisin africain et musulman est une stratégie à courte vue. Le réveil sera brutal pour ceux qui croient sincèrement que les salons parisiens de l’extrême droite ou les officines de Tel-Aviv défendront un jour la dignité d’un Marocain.
Il est temps que cette frange nationaliste sorte de son amnésie et de sa ferveur irrationnelle. Car à force de vouloir à tout prix faire plier une Algérie qui ne baisse jamais la tête, elle ne fait que compromettre sa propre dignité et l’avenir de l’intégration maghrébine.
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