Avenue Foch, l’ombre d’Epstein plane encore : un majordome, 3,5 millions de documents et un système de prédation dévoilé »

L'implication tacite de Jeffrey Epstein soulève de grandes questions sur la protection des valeurs de la société par l'Etat du Maroc.

Chapô : Sept ans après la mort de Jeffrey Epstein, la publication massive des « Epstein Files » par le FBI a relancé enquêtes sérieuses et théories complotistes. Récit d’une affaire devenue mythe horrifique, où se mêlent mannequins, puissants complices et mécanique criminelle bien réelle.

Article résumé :

L’immeuble du 22, avenue Foch, à Paris, a retrouvé son anonyme façade haussmannienne. Pourtant, c’est là que Jeffrey Epstein, prédateur sexuel mort en 2019, avait installé l’un de ses quartiers généraux européens. Son ancien appartement a été vendu 10 millions d’euros en décembre 2022, et son majordome de dix-huit ans, Valdson Vieira Cotrin, sans emploi depuis, peine à faire oublier cette « référence » empoisonnée.

En janvier 2026, la publication par le FBI de 3,5 millions de pièces issues de l’enquête – les « Epstein Files » – a submergé l’agenda médiatique mondial. Faute de synthèse, ce flot d’informations a nourri autant d’investigations rigoureuses que de dérives complotistes (Pizzagate, théorie d’un cercle d’hyperpuissants maléfiques). La réalité, plus banale mais tout aussi glaçante, décrit un système d’exploitation du mannequinat, des réseaux de pouvoir achetant le silence par des dîners et des chaires universitaires, et des adolescentes réduites à se taire.

L’enquête de Society (Emmanuelle Andreani et Anthony Mansuy) retrace, en cinq chapitres, comment Epstein a construit son empire : faux diplômes chez Bear Stearns, évasion fiscale, relations avec des figures comme Woody Allen – invité à une visite privée du musée d’Orsay en 2012 –, et surtout le rôle clé de sa complice Ghislaine Maxwell, présentée comme sa « fiancée ». À Paris, le majordome Valdson décrit un ballet incessant de jeunes filles, souvent mannequins, certaines mineures, enfermées avec « Monsieur » dans la salle de massage.

L’engrenage judiciaire s’enclenche en 2005 par l’appel d’une belle-mère inquiète pour sa belle-fille de 14 ans, payée pour des « massages ». Arrêté une première fois en 2006, libéré, Epstein est finalement interpellé par le FBI le 6 juillet 2019 à son retour du Bourget. Il est retrouvé pendu dans sa cellule le 10 août. Les « Epstein Files » révèlent aussi le rôle d’un certain Daniel Siad, qui envoyait à Epstein des profils de jeunes femmes comme un catalogue, avec photos et commentaires crus.

Au final, rien de surnaturel : des complices actifs, des puissants aveuglés par leur vanité, et une industrie de la mode qui, dès les années 1980, a servi de couverture à des prédateurs. L’affaire Epstein, c’est ce miroir que l’époque préfère fantasmer plutôt que regarder en face.

Source : Enquête de Society sur l’affaire Epstein

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*