Dominique de Villepin à son tour dans le viseur de la justice française

Dominique de Villepin (Photo: Commons wikimedia)

L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin rejoint la liste des personnalités politiques susceptibles de briguer l’élection présidentielle de 2027 tout en faisant face à des procédures judiciaires. Le Parquet national financier (PNF) a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire concernant des cadeaux reçus par l’ancien chef de la diplomatie française lorsqu’il exerçait ses fonctions entre 2002 et 2004.

L’enquête, ouverte pour des faits présumés de « recel de détournement de fonds publics et toutes infractions connexes », porte sur une statuette et un buste qui auraient été offerts à Dominique de Villepin durant son mandat au ministère des Affaires étrangères, avant d’être conservés par celui-ci.

Selon le procureur financier Pascal Prache, les investigations visent à éclaircir les conditions dans lesquelles ces objets ont été acquis et conservés. L’ancien Premier ministre, proche de l’ancien président Jacques Chirac, avait reconnu début mai avoir commis « une erreur » en acceptant ces présents, tout en rappelant qu’aucun cadre précis ne régissait ce type de situation à l’époque. Les objets concernés ont été restitués au ministère le 4 mai dernier.

L’affaire a pris une nouvelle dimension après les déclarations du lobbyiste Robert Bourgi dans l’émission Complément d’Enquête diffusée sur France 2. Ce dernier affirme avoir servi d’intermédiaire pour offrir à Dominique de Villepin deux statuettes représentant Napoléon. Selon lui, elles auraient été financées par l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré et l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci, pour des montants respectifs de 75 000 et 50 000 euros. Des chiffres contestés par l’entourage de Dominique de Villepin, qui évoque une valeur « quatre à cinq fois inférieure ».

L’entourage de l’ancien chef du gouvernement a indiqué à l’AFP que Dominique de Villepin se tenait « sereinement » à la disposition de la justice et se disait confiant quant à l’issue des investigations.

Cette nouvelle procédure s’inscrit dans un contexte politique particulier. D’autres figures susceptibles de jouer un rôle majeur lors de la prochaine présidentielle sont également concernées par des affaires judiciaires. L’ancien Premier ministre Edouard Philippe fait l’objet d’une enquête portant sur des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et harcèlement moral dans sa gestion municipale du Havre.

Par ailleurs, Marine Le Pen attend une décision déterminante sur son avenir politique. Le 7 juillet prochain, la justice devra confirmer ou non sa condamnation en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national, un verdict qui pourrait influencer une éventuelle quatrième candidature à l’élection présidentielle.

Avec La Tribune de Genève, 20 mai 2026