Le retour du dialogue entre Paris et Alger, officialisé le 8 mai 2026 par l’envoi de l’ambassadeur français à Alger et la présence d’Alice Rufo aux commémorations de Sétif, marque une reprise des canaux diplomatiques après deux ans de crise. Pourtant, ce rapprochement ne saurait être qualifié de réconciliation historique.
La mémoire coloniale – en particulier celle des massacres du 8 mai 1945 – sert ici de corridor diplomatique, sans que la France ne franchisse le pas d’une qualification politique explicite des crimes coloniaux. Surtout, plusieurs verrous majeurs demeurent :
- Le Sahara occidental : le soutien français au plan marocain d’autonomie (juillet 2024) reste inacceptable pour Alger, qui y voit un bouleversement de l’équilibre régional.
- La crise sécuritaire et consulaire : l’affaire Amir Boukhors (Amir DZ) a provoqué expulsions et accusations réciproques, détruisant la confiance entre appareils d’État.
- Le contentieux migratoire : tensions sur les visas, les laissez-passer consulaires, et l’avenir de l’accord franco-algérien de 1968, instrumentalisé sur la scène politique française.
- Le cas Christophe Gleizes : journaliste français condamné à sept ans de prison, une visite consulaire a eu lieu en mai 2026, mais une grâce présidentielle reste attendue.
Trois scénarios se dessinent :
- Dégel fonctionnel (le plus probable) : coopération minimale, gestes symboliques, désaccords maintenus.
- Marchandage élargi : concessions migratoires et mémorielles sans toucher au Sahara occidental.
- Rechute : un nouvel incident ou la pression de la présidentielle française pourraient tout geler à nouveau.
En conclusion, Paris et Alger rouvrent les portes mais ne déplacent pas les murs. Cette trêve diplomatique reste réversible, sous contrôle, et très éloignée d’une véritable réconciliation.
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