Une publication du site Converses à Catalunya met en lumière l’ampleur croissante du narcotrafic entre le Maroc et le sud de l’Espagne, présenté non plus comme un simple problème régional, mais comme une menace majeure pour la sécurité espagnole et européenne. Selon le texte, l’Andalousie est devenue l’une des principales portes d’entrée de la drogue en Europe, notamment pour le haschisch marocain et la cocaïne sud-américaine destinée aux marchés européens. Pendant longtemps, le phénomène était perçu comme limité au Campo de Gibraltar. Désormais, le corridor du narcotrafic s’étend de Cadix à Almería, remonte le Guadalquivir jusqu’à Séville et se connecte aux grands ports méditerranéens comme Barcelone et Valence. Cette expansion témoigne d’une véritable infrastructure criminelle organisée. Les chiffres avancés sont considérables : plus de 12 000 opérations antidrogue en 2024, près de 6 000 arrestations et plus de 264 tonnes de drogue saisies. Depuis 2018, les autorités espagnoles auraient intercepté plus de 2,1 millions de kilos de stupéfiants et saisi plus de 2 000 embarcations. Pourtant, l’auteur estime que ces données ne représentent qu’une petite partie du trafic réel, dont la valeur pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros par an. L’article insiste également sur les risques de corruption liés à ces flux financiers colossaux. Selon l’analyse proposée, le narcotrafic ne se limite plus à des réseaux criminels isolés : il menace progressivement les institutions, les ports, certaines forces de sécurité et l’économie locale par le blanchiment d’argent et l’infiltration criminelle. Une grande partie du texte critique aussi l’attitude du gouvernement espagnol, accusé de maintenir un silence diplomatique vis-à-vis du Maroc. L’auteur s’interroge sur l’absence de pression politique exercée sur Rabat alors que le cannabis consommé en Europe provient majoritairement du territoire marocain. Ce silence serait, selon lui, révélateur d’une forme de dépendance ou de faiblesse politique de Madrid envers le régime marocain. Enfin, l’article élargit le problème à l’échelle européenne. Les drogues transitant par l’Andalousie alimentent principalement les marchés français, belges, néerlandais et plus largement ouest-européens. Europol alerte déjà sur l’infiltration des ports européens et la montée de la violence liée aux réseaux criminels. Malgré cela, l’Union européenne est accusée d’agir avec trop de prudence et de ne pas exercer suffisamment de pression diplomatique et économique sur le Maroc. La conclusion est particulièrement alarmante : le sud de l’Espagne ne serait plus une simple région sensible, mais la « frontière narcotique de l’Europe », où l’autorité de l’État est fragilisée par la puissance financière et logistique des organisations criminelles. #Maroc #Espagne #Andalousie #trafic_de_drogue #cannabis #haschich #cocaïne Navigation de l’article Espagne-Maroc : Route du haschich réactivée et nouvelle génération de narco-bateaux fabriqués au Portugal El silencio que rodea a Marruecos y al gran corredor andaluz de la droga.