Dar El Makhzen (Photo : Commoms Wikimedia)

Hassan II permettait à l’opposition, de l’intérieur comme de l’extérieur des institutions, d’utiliser le terme ‘Makhzen’ au lieu de ‘palais’ ou ‘roi’, et d’attribuer tous les maux à cet être gélatineux. C’était, premièrement, une règle tacite pour décharger le roi de la responsabilité première de nombreuses formes de corruption et de despotisme. Deuxièmement, pour dire que le Makhzen, même si son chef est le roi, dépasse le roi, et par là, sous-entendre : si le roi est le premier responsable de la corruption économique et de la dégradation politique et sociale, il n’est pas seul responsable. C’était l’entrée en matière pour promouvoir l’idée naïve, destinée à convaincre les naïfs que : ‘le roi est bon, mais ceux qui l’entourent sont mauvais.’

Lorsque le Bloc démocratique s’est opposé à la présence d’Driss Basri dans le gouvernement d’alternance avorté de 1993, Hassan II a dit à Mahamed Boucetta, qui était candidat pour diriger ce gouvernement : ‘Ô Si Mahamed… laisse Driss entre nous ; toi, tu l’essuies, et moi, je l’essuie.’ C’est une preuve procédurale de la permission d’accrocher les dysfonctionnements sur les épaules des hommes du Makhzen.

Driss Basri disait : ‘Je suis le cadenas dont la clé est chez notre maître.’ Tout le monde savait que tout ce que Basri, Dlimi, Oufkir, Hosni Ben Slimane, Abdelhak El Kadiri, M. Hafid El Aloui… ont commis comme crimes odieux était sur ordre de Hassan II. Il était permis – dans certaines limites – d’essuyer le fardeau de ces crimes sur ces responsables, dont le contrat de travail avec le roi contenait une seule clause : déclarer ‘Je suis un esclave aiguisé pour la gorge de notre maître.’

Poursuivre le chef d’un parti (le professeur Jamal Baraâj) et des militants du même parti (le Parti de la Voie démocratique) parce qu’ils ont appelé au renversement du Makhzen ressemble à la seconde agression de Trump et de son allié Netanyahu en mars 2026 contre l’Iran, sous prétexte d’éliminer son ambition nucléaire, après nous avoir dit qu’ils avaient détruit l’uranium iranien lors de la première agression en juin 2025.

Mohammed El Yazghi, en tant que ministre, ne nous a-t-il pas dit que le Makhzen est mort ? Il a été suivi par les tambours de la nouvelle (désormais ancienne) ère avec des youyous, des félicitations et des confirmations. Si le Makhzen était vraiment mort, le régime considérerait que la demande des militants de la Voie démocratique de renverser le Makhzen est comme frapper un cadavre : sans valeur, ne méritant ni enquête ni intimidation.

Aujourd’hui, l’enquête contre des militants du Parti de la Voie démocratique pour avoir cherché à renverser le Makhzen – alors que le parti n’a cessé d’appeler à démanteler la mafia makhzénienne, que ce soit sous le règne du défunt roi ou sous le roi sur le départ (on ne sait pas qui est l’ancien) – prouve deux choses :

-Le Makhzen (c’est-à-dire le despote traditionnel) est rené de ses cendres, renforcé et consolidé par son alliance stratégique avec l’entité usurpatrice [Israël].

-Le nouveau Makhzen renouvelé – contrairement à l’ancien – a perdu les règles du jeu, et comme une chamelle aveugle, il frappe au hasard. »

Par Soulaïman Raïssouni

Source (Traduction automatique)

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