Le magazine français « Libération » a remis en lumière le parcours du prince Hicham Alaoui, cousin du roi Mohammed VI, à travers un long portrait intitulé de manière évocatrice « Prince malgré lui ». L’article aborde sa relation complexe avec l’institution monarchique marocaine, ainsi que son éloignement progressif des cercles du pouvoir, tout en maintenant un lien symbolique et politique avec la famille royale.
Le magazine présente le prince Hicham comme une figure controversée dans l’espace politique et médiatique marocain, en raison de ses positions critiques à l’égard de certains choix du pouvoir et de ses appels répétés à des réformes politiques et constitutionnelles plus larges au sein du Royaume, tout en affirmant son attachement au système monarchique et sans jamais appeler à son renversement.
Le reportage indique que le prince Hicham, né en 1964 à Rabat, a grandi dans l’entourage du palais royal et fut proche du défunt roi Hassan II à certaines étapes de sa vie. Cependant, sa relation avec l’institution monarchique s’est progressivement détériorée à la fin des années 1990, notamment en raison de ce que le magazine décrit comme son désir de se libérer des contraintes et protocoles liés à la famille régnante.
Selon le rapport, le prince Hicham a tenté au fil des années de se présenter comme une voix réformatrice au sein de la famille royale, profitant d’une formation académique occidentale et d’une expérience universitaire aux États-Unis, où il a travaillé dans les domaines de la recherche et de l’enseignement, tout en collaborant avec plusieurs centres de réflexion et universités américaines.
Le rapport revient également sur les positions du prince Hicham durant la période dite du « Printemps arabe ». Il estimait que la Constitution de 2011 n’était pas à la hauteur des transformations qu’a connues la région, considérant que le Maroc avait manqué une occasion d’évoluer vers une monarchie parlementaire accordant davantage de pouvoirs aux institutions élues. Cette position avait alors suscité de nombreuses réactions dans les milieux politiques et médiatiques marocains.
Le magazine souligne que, malgré des années d’éloignement des cercles décisionnels, le prince Hicham a conservé des liens familiaux avec le palais, notamment à travers sa relation avec sa mère, la princesse Lamia Solh, ainsi que par sa présence occasionnelle lors de certaines cérémonies familiales ou privées, bien qu’il reste éloigné de la scène officielle de l’État.
Le rapport aborde également des aspects de sa vie personnelle et professionnelle, évoquant sa résidence entre les États-Unis et d’autres pays, ainsi que ses investissements dans divers secteurs économiques. Il s’intéresse aussi à sa passion pour la pensée politique et à ses écrits réguliers sur les questions de démocratie et de réforme politique dans le monde arabe.
Sur le plan personnel, le magazine évoque la passion du prince Hicham pour l’équitation, considérant que les chevaux occupent une place essentielle dans sa vie quotidienne et dans son image publique, comme l’illustre également le portrait photographique accompagnant le reportage.
L’article indique enfin que le prince Hicham suscite des divisions au Maroc : certains le considèrent comme une voix réformatrice défendant la modernisation du système politique, tandis que d’autres estiment que ses positions constituent une rupture avec les traditions de réserve habituellement observées par les membres de la famille royale.
Malgré les critiques auxquelles il a été confronté au cours des dernières années, le rapport souligne que le prince Hicham continue d’affirmer son attachement au Maroc et à la monarchie, considérant, selon ses proches, que ses critiques s’inscrivent dans une volonté de faire évoluer le système politique plutôt que de rompre avec lui.
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