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Affaiblissement de la junte malienne : revers pour l’influence marocaine en Afrique de l’Ouest

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Bamako/Rabat – Alors que le Mali traverse depuis 2020 une crise politique profonde sous régime militaire, un nouvel équilibre des forces semble se dessiner. Selon plusieurs sources proches des services de renseignement ouest-africains, la junte malienne montre des signes de fragilisation interne croissants. Un scénario qui, loin d’être anodin, affecte directement les ambitions régionales du Maroc.

Un partenaire clé vacille

Depuis 2021, Rabat a fait de Bamako un allié stratégique dans la bande sahélo-sahélienne. La coopération militaire, économique et religieuse (avec l’influence de la Fondation Mohammed VI des oulémas africains) s’est intensifiée, en concurrence directe avec l’Algérie et d’autres puissances régionales.

L’affaiblissement de la junte – qu’il soit dû à des tensions internes, à une pression diplomatique accrue de la CEDEAO, ou à une perte de contrôle territorial face aux groupes armés – priverait le Maroc d’un relais influent au cœur du Sahel.

Quels risques pour Rabat ?

  1. Perte d’accès privilégié : Le corridor atlantique Maroc-Mali, destiné à désenclaver le Mali vers Dakhla, pourrait être compromis.
  2. Recul diplomatique : Bamako était un soutien de poids à la marocanité du Sahara occidental dans les instances ouest-africaines.
  3. Vacance sécuritaire : Un affaiblissement du régime militaire favoriserait les groupes djihadistes, contre lesquels Rabat ne peut intervenir seul sans mandat clair.

Une attention particulière à Alger

Le voisin algérien, principal rival du Maroc dans la région, suit la situation avec attention. Tout vide de pouvoir au Mali pourrait être exploité pour restaurer son influence historique, au détriment des intérêts marocains.

Réactions officielles

À ce stade, ni le ministère marocain des Affaires étrangères, ni les autorités maliennes n’ont commenté cette analyse. Une source proche du palais royal à Rabat a toutefois confié : « Le Maroc dispose de plusieurs portes d’entrée au Sahel. Toute évolution sera prise en compte sans panique, mais avec réalisme. »

Conclusion

L’érosion du pouvoir de la junte malienne, si elle se confirme, rebat les cartes au Sahel. Pour le Maroc, dont le grand dessein africain passe par une influence continue de Bamako à Nouakchott, l’alerte est sérieuse. Reste à savoir si Rabat parviendra à diversifier ses alliances pour amortir le choc.

Avec Le Monde

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