Est-il possible de célébrer nos morts et nos disparus dans recueillement et les prières sans avoir à l’inscrire dans un agenda diplomatique. Les cérémonies liées à la commémoration des massacres du 8 mai au 26 juin 1945 n’ont pas été épargnées, encore une fois, par un opportunisme diplomatique que le Président Macron s’évertue à élever au rang d’acte fondateur de la reprise relations algéro-francaises.
Le communiqué de l’Elysée s’insère dans une sorte de diplomatie transactionnelle en vogue , mêlant des mémoires antagoniques , celle des victimes et celle de leur bourreau , celle des moudjahidine à celle des harkis et même des questions consulaires opportunes. Cela servira, encore une fois, à alimenter et à orienter le débat interne dans la perspective toute prochaine des présidentielles en France , plus qu’à l’amélioration attendue dans les relations bilatérales.
Macron, président sortant, a usé à l’extrême de l’ambivalence du jeu de balancier entre le discours sur normalisation des relations avec l’Algérie et les gestes en direction des harkis et les nostalgiques de l’Algérie française ainsi que des prises de positions des plus hostiles à nos intérêts diplomatiques. Mettre chaque fois une hypothèque sur la question de la mémoire sans mesurer à quel point cette question incarne l’identité des algériens et garantit la continuité historique de l’Algérie est la voie la plus courte pour rendre cycliques les crises entre les deux pays .
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