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Maroc : Jabaroot dévoile les terrains pillés par les officiers de l’armée

mohamed Berrid

Polémique sur les réseaux sociaux autour d’allégations visant des responsables militaires marocains

Des publications récentes du hacker Jabaroot sur les réseaux sociaux ont suscité une vive controverse au Maroc, après la diffusion d’allégations concernant de hauts responsables militaires et de supposés avantages immobiliers obtenus dans des conditions préférentielles.

Selon les contenus largement partagés en ligne, une villa de luxe située dans la région de Témara-Skhirat aurait été acquise via un organisme lié au logement militaire à un prix considéré comme inférieur à sa valeur réelle. Les auteurs de ces publications évoquent également des soupçons de favoritisme et d’abus d’influence. À ce stade, aucune décision de justice ni confirmation officielle ne permet toutefois d’établir la véracité de ces accusations.

Cette affaire alimente un débat plus large sur les inégalités sociales et les conditions de vie des soldats déployés dans des zones difficiles, notamment dans le sud du pays. Plusieurs internautes dénoncent un contraste marqué entre les sacrifices consentis par les militaires de terrain et le train de vie attribué à certains proches de responsables influents.

Des observateurs estiment que ces discussions traduisent une demande croissante de transparence dans la gestion du patrimoine public et des avantages liés aux institutions militaires. Ils rappellent également l’importance du respect de la présomption d’innocence et de la nécessité de s’appuyer sur des preuves vérifiées avant toute accusation publique.

À l’heure actuelle, aucune réaction officielle des personnes citées dans les publications en ligne n’a été rendue publique.

Texte de la publication de Jabaroot

Des allégations circulent au sujet de Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales marocaines.

Selon ces affirmations, l’intéressé aurait obtenu une luxueuse villa construite sur un vaste terrain d’environ 15 ares, avec vue sur la mer à Témara-Skhirat.

Il est également allégué que le bien aurait été enregistré au nom de sa fille, « Berrid Chahrazad », fille de Khadija, qui travaillerait comme simple médecin au sein de la Gendarmerie royale, via un contrat de vente de l’Agence des logements et équipements militaires (ALEM), pour une somme symbolique estimée à 1,5 million de dirhams, avant d’être remis à son père le même jour par un contrat dit « d’ami ».

Le texte oppose ensuite les conditions difficiles vécues par les soldats ordinaires — confrontés à la rudesse du désert, à la chaleur du jour et au froid de la nuit — au mode de vie luxueux attribué aux enfants de certains responsables, citant notamment Berrid, Mansouri et Bourita. Selon l’auteur, ces derniers bénéficieraient de privilèges, de services et d’opportunités inaccessibles à de nombreux citoyens ordinaires.

L’auteur affirme que les soldats sacrifient leur sécurité personnelle ainsi que le confort de leurs familles pour des causes imposées par ceux qui détiennent le pouvoir, tandis que les enfants de ces responsables vivraient à l’abri des risques et de la pression psychologique supportés par ceux qui participent aux combats quotidiens.

Le texte conclut que ce contraste mettrait en évidence un fossé entre les sacrifices consentis par les citoyens modestes et le confort de la classe dirigeante, accusée d’exploiter « la cause » pour renforcer ses richesses ou masquer ses échecs, alors que les soldats n’auraient d’autre choix que d’obéir aux ordres.

Enfin, l’auteur affirme que personne n’oserait demander des comptes à Berrid, « y compris l’institution royale », puis mentionne un numéro de téléphone présenté comme celui de la notaire ayant supervisé le contrat de sa fille, accompagné d’un commentaire ironique sur le risque d’emprisonnement.

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