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Maroc : Jabaroot secoue la forteresse d’El Hammouchi

Admin 12 mai 2026
jabaroot warning

Le Maroc est secoué par une tempête inédite. Le 30 août 2025, le quotidien espagnol El Independiente a levé le voile sur ce qui pourrait bien être le plus grand scandale sécuritaire de l’histoire récente du royaume. Dans un article percutant signé par le journaliste Francisco Carrión et intitulé « La venganza del hacker que desnuda a los capos del espionaje marroquí », le mystérieux pirate informatique Jabaroot apparaît comme le cauchemar de la toute-puissante DGST.

Derrière son écran, ce hacker publie, au compte-gouttes, des dossiers explosifs : une liste de hauts responsables du renseignement marocain, des preuves d’enrichissement illicite, des réseaux financiers occultes en Europe et au Moyen-Orient, mais aussi des révélations glaçantes sur un espionnage sans limites qui ne se serait pas arrêté aux opposants et aux journalistes. Selon les documents divulgués, même des ministres, des proches collaborateurs du Premier ministre, et certains membres de la famille royale auraient vu leurs communications interceptées.

Fuites et scandales autour de la DGST au Maroc

La corruption au Maroc ne se manifeste plus seulement dans les rues, mais bénéficie désormais de la protection des propres services de sécurité », dénonce le hacker qui, depuis plusieurs mois, « démasque » l’élite marocaine. Comme une sorte de justice poétique tardive, la peur provoquée par les fuites qui secouent le pays voisin touche aujourd’hui ceux-là mêmes qui, durant des années, ont espionné des dissidents et des dirigeants étrangers. L’appareil de renseignement marocain goûte depuis plusieurs semaines à sa propre médecine, celle qu’il a administrée à ses victimes. L’application Telegram est devenue l’arme qui menace d’ébranler les fondations du régime. Un hacker qui se fait appeler Jabaroot a mis en difficulté la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), le tout-puissant service de renseignement marocain.

« L’appareil usé, censé protéger le Maroc, n’est rien d’autre qu’un instrument hors de contrôle, voué à protéger les corrompus, bâillonner les voix dissidentes et brader les secrets du royaume, hypothéquant ainsi l’avenir du Maroc », avertissait-il il y a quelques semaines. Dans sa dernière révélation, accompagnée de documents prouvant la transaction, Jabaroot accuse Abderrahim Hamidine, chef de la DST (police politique) à Casablanca, d’avoir acquis, avec son modeste salaire de fonctionnaire, une villa avec piscine à Californie, l’un des quartiers les plus huppés de la ville marocaine.

En juin, il a braqué ses projecteurs sur le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi.

« Monsieur le ministre, hier vous avez parlé de Jabaroot au Parlement. Nous vous avons donné l’occasion d’essayer de changer les choses pour le mieux, dans l’intérêt du peuple marocain, de la justice et de la vérité. Malheureusement, au lieu de saisir cette chance en or et de devenir un héros, vous avez choisi de recourir au mensonge et au déni, en récitant naïvement les faux rapports qu’on vous a remis et en rejetant la responsabilité sur d’autres. Sachez que Jabaroot mène des enquêtes approfondies. Vous devrez en assumer les conséquences… », avertissait-il, dans un style qui rappelle les messages anonymes reçus par l’inspecteur Jaritos dans les romans noirs de l’écrivain grec Petros Márkaris.

La vendetta du hacker est arrivée un mois plus tard, lorsqu’il a révélé qu’Ouahbi avait contracté en 2020 un prêt de 11 millions de dirhams (1,2 million de dollars) pour l’acquisition d’une propriété dans l’un des quartiers les plus luxueux de la capitale, Rabat.

« Il a terminé de rembourser le prêt le 15 juillet 2024 (en seulement 4 ans), ce qui paraît paradoxal compte tenu du salaire d’un simple ministre. Normalement, il faudrait au moins 18 ans. »

« Le 12 août 2024, il a fait don de cette propriété à son épouse, mais a déclaré que sa valeur n’était que de 1 million de dirhams afin d’éviter les impôts (évasion fiscale). Cela constitue un délit très grave, surtout pour un ministre de la Justice. Ceci n’est qu’un exemple des documents que nous avons en notre possession ; attendez la suite… », a-t-il glissé.

Raji, devenu “l’homme le plus puissant de la DGST”, a lui aussi été victime des fuites.

Le plus grand scandale révélé à ce jour par Jabaroot a éclaté il y a quelques semaines, en pleine canicule d’août. Il a diffusé la liste la plus explosive jamais vue : dix hauts responsables de la DGST identifiés avec leurs noms, numéros de carte nationale d’identité et comptes bancaires. Une véritable radiographie du pouvoir dans l’ombre.

Les personnes épinglées sont : Rezrazi Abdellah, directeur du contre-espionnage ; El Blidi Sif Eddine, responsable des ressources humaines et ami personnel du roi ; Hamidine Abderrahim, directeur régional de la DGST à Casablanca ; Rhandour Abdellah, septuagénaire et chef de cabinet du tout-puissant patron du renseignement marocain Abdellatif Hammouchi ; Mohamed Raji, responsable des écoutes et architecte du logiciel espion Pegasus ; Zahdine Mohamed, directeur régional à Tanger ; Bouarourou M’Hamed, comptable clé connaissant les flux de l’argent de la drogue ; Habboub Cherkaoui, directeur du Bureau de Lutte Antiterroriste ; Benyahoud Lbachir, directeur régional de la DGST à Rabat ; et Belfaida Abdellatif, chargé du contre-espionnage avancé.

Le dossier révèle que Raji et son associé Rachid Hassani ont acheté en décembre 2023 une zone industrielle entière à Béni Mellal, au pied des montagnes du Moyen Atlas, pour 30 millions de dirhams (environ 3 millions d’euros), une fortune impossible à justifier avec leur salaire officiel de 25 000 dirhams par mois (2 400 euros).

Mohamed Raji, du technicien de câbles au maître de Pegasus.

Le journaliste marocain Ali Lmrabet, exilé en Espagne, dresse le portrait le plus détaillé de Raji. Né en 1960, il a commencé comme technicien en télécommunications et fut recruté par l’ancienne DST dans les années 1980 en raison de son habileté à pirater les lignes téléphoniques. Dès lors, son ascension fut fulgurante : il installa des micros dans des ambassades, des hôtels, des bureaux ministériels et des villas privées.

Avec l’arrivée de Pegasus, Raji est devenu « l’homme le plus puissant de la DGST ». Il disposait d’une carte blanche pour espionner opposants, journalistes, activistes, ministres, hommes d’affaires et même des chefs d’État. En 2021, la révélation que le téléphone portable personnel d’Emmanuel Macron avait été piraté a déclenché un séisme diplomatique.

Aujourd’hui, les fuites de Jabaroot le présentent comme un millionnaire dont l’ascension fulgurante reste difficile à expliquer : propriétés dans les quartiers les plus huppés de Rabat, contrats pour du matériel d’espionnage conclus avec la Hongrie, Chypre et le Luxembourg, sociétés-écrans en France, et un associé clé, Rachid Hassani, désigné comme le blanchisseur de commissions illégales. Tous deux ont volontairement laissé des vulnérabilités dans les systèmes de surveillance dans le but d’obtenir des copies des informations collectées et, dans certains cas, de les vendre à des services de renseignement en Europe et au Moyen-Orient.

Enervé par le silence de Laftif, le hacker a réagi en publiant la liste du personnel dépendant du Ministère de l’Intérieur:

Les privilèges des hauts officiers de l’armée

Selon un autre document, une villa de luxe située dans la région de Témara-Skhirat aurait été acquise par le Général Mohamed Berrid via un organisme lié au logement militaire à un prix considéré comme inférieur à sa valeur réelle. Un autre document atteste le passage de la villa au nom de sa fille.

Le lieutenant-général Abdelaziz Chater, commandant de la Garde royale a, aussi, été visé par les révélations de Jabaroot. L’enquête a révélé qu’il avait lui aussi acquis une villa de 654 mètres carrés dans le quartier de Rabat à Riyad auprès de l’ALEM (Agence du logement et de l’équipement militaires). Cette luxueuse villa, d’une valeur de 1,2 million de dirhams, a été offerte à sa fille de 22 ans, Sahar Chater.

Abdellatif Amrani, directeur général des Douanes et des Impôts indirects depuis 2017 et directeur du Trésor du Royaume depuis 2026, a reçu en cadeau un appartement de luxe dans le quartier de Rabat à Riyad, d’une valeur de 3 millions de dirhams, offert par l’homme d’affaires corrompu Reda Benbrahim. Pour dissimuler l’identité du donateur, celle de son frère, Mohamed Benbrahim, a été utilisée, et l’acte de vente a été enregistré au nom de l’épouse du directeur, Nadia El Alami, et de ses filles mineures, Inas Amrani et Loubna Amrani.

Nadia El Alami a également acquis une autre villa de luxe pour 5,3 millions de dirhams auprès d’une association douteuse à Rabat, par l’intermédiaire de la même notaire.

 Mustapha Baitas, porte-parole du gouvernement M. Baitas utilise sa sœur, Nadia Baitas, dans ses transactions financières afin de dissimuler son identité. Par exemple, le 7 août 2024, M. Baitas a acheté un terrain en plein cœur d’Ifni, avec vue sur la mer, pour 330 000 dirhams. Il en a ensuite fait don à sa sœur, Nadia Baitas, le lendemain, le 8 août 2024 (comme en témoigne la signature de M. Baitas sur l’acte de donation).

Mme Nadia Baitas a signé l’acte de donation le 24 août 2024. Une semaine plus tard, le 3 septembre 2024, elle a déposé une demande auprès des autorités locales pour la construction d’un immeuble de six appartements de trois étages (R+3), en s’appuyant notamment sur des documents tels qu’un plan cadastral antérieur à l’achat par M. Baitas. Cela laisse supposer que le projet était en préparation depuis un certain temps.

Mme Baitas a obtenu un permis de construire pour les six appartements situés sur le même terrain, un mois plus tard, auprès du conseil provincial (le 4 octobre 2024). Certains fonctionnaires ont souvent recours à ces méthodes pour dissimuler leur patrimoine et leur influence, et pour accélérer les procédures d’autorisation et de construction, en utilisant les noms de leurs enfants, voire de leurs frères et sœurs.


Espionnage sans limites.

Les documents vont encore plus loin. Selon les fuites, la DGST n’a pas seulement espionné des opposants, mais aussi des hauts gradés de l’armée, des ministres et même le palais royal lui-même. Parmi les cibles figurent : Aziz Akhannouch, Premier ministre, son épouse Salwa et leurs filles, ainsi que la famille royale, dont les téléphones chiffrés auraient été infectés par des codes malveillants.

« Pas même le roi et sa famille n’ont échappé à l’espionnage de leur propre service de renseignement et à la vente de leurs informations », dénonce Jabaroot. La fuite suggère même qu’une faction interne préparerait le terrain pour écarter Hammouchi.

Les révélations de Jabaroot constituent une crise majeure pour le Makhzen. Elles exposent la corruption endémique au plus haut niveau, les abus d’un appareil sécuritaire hypertrophié et les luttes internes au sommet du pouvoir. Ce scandale place la DGST dans une position paradoxale : d’outil de contrôle absolu, elle devient une source de vulnérabilité et d’humiliation pour l’État marocain, ébranlant jusqu’au cercle royal.

(A suivre…)

#Maroc #Jabaroot #Laftit #ElMansouri #DGST #Immobilier #Clientélisme #corruption

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