Dans Maroc. Fin de règne, le journaliste Omar Brouksy décrit un pouvoir marocain fragilisé par l’état de santé du roi Mohammed VI et par ses longues absences du royaume. Sans évoquer une abdication, l’auteur parle d’une atmosphère de fin de règne où les rivalités s’intensifient autour du souverain, qui demeure toutefois l’arbitre ultime des décisions stratégiques.
Au cœur du système, trois cercles d’influence se disputent l’accès au pouvoir : les proches personnels du roi, parmi lesquels les frères Azaitar ; les grands conseillers du palais, notamment Fouad El Himma, Abdellatif Hammouchi et Yassine Mansouri ; enfin la famille royale, déjà tournée vers l’avenir incarné par le prince héritier Hassan.
Le livre insiste sur la montée en puissance du prince héritier, encore peu connu du grand public. Sa proximité avec sa mère, la princesse Salma, pourrait peser sur l’équilibre futur du palais. Brouksy avance qu’un éventuel règne de Hassan III pourrait s’accompagner de recompositions internes, voire de purges visant certaines figures aujourd’hui influentes.
L’enquête met aussi en lumière la place stratégique de Mostafa Terrab, patron de l’OCP, présenté comme l’un des mentors du futur souverain. Son rôle dans la formation politique du prince nourrit les spéculations sur la future architecture du pouvoir.
Autre axe majeur : les luttes au sein des services de renseignement. L’auteur retrace quinze ans de rivalités, de campagnes de presse instrumentalisées et de règlements de comptes internes. La défection récente d’un haut responsable du renseignement extérieur est décrite comme le symptôme d’un malaise plus profond au sein de l’appareil sécuritaire.
Sur le plan extérieur, Brouksy souligne un paradoxe : malgré les tensions internes, le Maroc a engrangé des succès diplomatiques, notamment dans le dossier du Sahara occidental et dans le réchauffement de ses relations avec la France. Mais ces avancées n’effacent pas la question centrale soulevée par le livre : qui gouverne réellement lorsque le roi s’efface ?
En parallèle, le texte évoque la montée des tensions régionales avec l’Algérie. Rabat et Alger accélèrent leur modernisation militaire, avec des budgets de défense en forte hausse, de nouveaux avions de combat, des missiles, des drones et des partenariats stratégiques. Officiellement, il s’agit de dissuasion. Mais cette surenchère traduit un climat de méfiance durable, nourri par le conflit autour du Sahara occidental et par les nouvelles alliances régionales du Maroc.
Au final, Maroc. Fin de règne dresse le portrait d’un royaume où la stabilité institutionnelle demeure, mais où l’après-Mohammed VI est déjà devenu le véritable enjeu politique.
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