Omar Brouksy est journaliste et professeur de science politique au Maroc. Il a été le rédacteur en chef du Journal Hebdomadaire jusqu’à sa fermeture en janvier 2010, et correspondant de l’Agence France-Presse. Il est l’auteur de Mohammed VI derrière les masques. Le fils de notre ami (éditions du Nouveau-Monde, Paris 2014) et de La République de Sa Majesté. France-Maroc, liaisons dangereuses (Préface d’Alain Gresh), Nouveau-Monde, 2017. Ces deux livres sont interdits au Maroc.
Il fait le constat de la situation économique et politique de son pays et qu’il qualifié d’insupportable.
« La flambée des prix des carburants à la pompe due à la guerre en Ukraine se situe dans un contexte marqué par une sécheresse exceptionnelle, la pire depuis plus de quarante ans : les barrages cumulent un taux de remplissage de 27 % seulement, ce qui place le Maroc en « situation de stress hydrique structurel », selon la Banque mondiale. Près de 40 % de la population employée dans le secteur agricole, qui représente 4 % du PIB, se trouve ainsi directement impacté par la sécheresse, écrit le journaliste marocain dans un article publié par le média OrientXX.
Le drame au Maroc n’est pas dû à la conjoncture internationale mais surtout à la gestion catastrophique de ce pays par le roi.
« Tous les yeux se tournent alors vers le Palais où un phénomène politique interpelle même s’il ne date pas d’aujourd’hui : les absences intrigantes du roi Mohamed VI, un monarque absolu de droit divin et véritable patron de l’exécutif. Ayant quitté le royaume en juin 2022, il y est retourné à deux reprises, en coup de vent, le temps d’un conseil des ministres présidé le 13 juillet et de son discours du trône, prononcé le 31 juillet. Aussitôt terminés, il reprend son avion, destination son hôtel particulier au pied de la tour Eiffel : une demeure de 1600 m2 acquise par le monarque en plein confinement (octobre 2020) pour la somme de 80 millions d’euros. Même si elles ne sont pas nouvelles, ces éclipses royales semblent avoir débordé la sphère privée pour devenir, aux yeux de beaucoup de Marocains, un phénomène de pouvoir troublant et difficile à décrypter », note le journaliste marocain.
Il rappelle que le roi du Maroc n’est pas à son premier exil, puisque le monarque a déjà quitté le pays en 2018 et s’était désengagé de ses fonctions.
« Même les salonnards de Casablanca et de Rabat, les plus grandes villes du Maroc, n’hésitent plus à tourner en dérision ce mélange, ou confusion, entre l’exercice à distance d’un pouvoir absolu et ce que permet la sphère privée d’un roi : « Sa Majesté et ses amis ont inventé un nouveau mode de gouvernement : le gouvernement par WhatsApp et Signal », lance un promoteur immobilier au cours d’une soirée à Casablanca », écrit le journaliste marocain.
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