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Volonté politique sous pression : une soixantaine de pays veulent accélérer la sortie des énergies fossiles

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SANTA MARTA, Colombie, 27 avril (Reuters) – Alors que la guerre en Iran fait flamber les prix du pétrole et du gaz, une soixantaine de nations – dont le Brésil, l’Allemagne, le Canada et le Nigeria – se réunissent à partir de mardi en Colombie pour la première rencontre internationale dédiée non pas à de grands discours, mais aux moyens concrets de sortir des énergies fossiles.

Organisée à Santa Marta, cette réunion ministérielle inédite rassemble des pays « volontaires », conscients que la dépendance aux hydrocarbures fragilise leur économie et leur sécurité énergétique. Surtout en ce moment : la guerre au Proche-Orient perturbe les marchés mondiaux, provoque des pénuries de carburant en Asie et fait flamber les factures énergétiques en Europe.

« Cette guerre a des répercussions partout dans le monde à cause de notre dépendance aux combustibles fossiles. Moins vous en dépendez, moins vous êtes vulnérables », a résumé Stientje van Veldhoven, ministre néerlandaise du climat, qui coorganise l’événement avec la Colombie.

Ni grandes déclarations, ni nouveaux objectifs mondiaux

Contrairement aux sommets annuels de l’ONU sur le climat (COP), où près de 200 pays doivent se mettre d’accord par consensus – un processus souvent paralysé –, cette réunion assume une approche résolument pratique. Pas de « négociation d’ambitions », prévient van Veldhoven : « Il s’agit vraiment de partager comment on fait. »

Au menu des discussions : quels instruments financiers, quels mécanismes de régulation, quels outils de planification pour amorcer la transition ? Comment créer les conditions propices à l’investissement pour que les industries passent du gaz à l’électricité ? Comment réformer les subventions aux énergies fossiles ?

Les grands absents : États-Unis, Chine et pays producteurs du Golfe

La coalition rassemble des États prêts à avancer, mais les deux plus gros pollueurs de la planète – la Chine et les États-Unis – brillent par leur absence. De même, l’Arabie saoudite et les autres grands producteurs de pétrole et gaz du Moyen-Orient ne participent pas.

Ce constat illustre les difficultés des négociations climatiques multilatérales. Lors de la COP28 à Dubaï en 2023, les pays s’étaient pourtant mis d’accord pour « transitionner hors des énergies fossiles ». Mais les sommets suivants ont piétiné, plusieurs nations – dont l’Arabie saoudite – ayant bloqué des propositions visant spécifiquement les hydrocarbures.

Une crise comme accélérateur

Pour les organisateurs, la flambée des prix liée à la guerre en Iran ne fait que renforcer l’urgence. « La crise énergétique a renforcé l’argument en faveur d’une sortie du pétrole et du gaz, non seulement pour le climat, mais aussi pour la sécurité économique et énergétique », insiste van Veldhoven.

Reste à savoir si cette coalition de bonne volonté parviendra à transformer les partages d’expérience en actions concrètes, alors que les tensions géopolitiques rappellent chaque jour à quel point le monde reste accro aux énergies fossiles.

Avec Reuters

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