Site icon Maghreb Online

Sahara occidental : l’ONU entrevoit une « fenêtre d’opportunité » pour débloquer le conflit

staffan de mistura1

L’espoir d’une percée au Sahara occidental renaît timidement. Selon des informations relayées par le média suisse Watson citant un discours à huis clos de l’envoyé spécial de l’ONU devant le Conseil de sécurité, Staffan de Mistura se dit convaincu qu’un « véritable élan » existe pour sortir de l’impasse vieille de plusieurs décennies.

« Grâce à un mélange de vision, de timing et de bonne fortune, je pense qu’il y a un véritable élan dans ce processus et une chance de résoudre cette dispute qui dure depuis des dizaines d’années », a déclaré le diplomate, dans des propos rapportés vendredi par l’AFP et cités par Watson.

Ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975, le Sahara occidental est majoritairement contrôlé par le Maroc, mais considéré par les Nations unies comme un territoire non autonome. Le conflit oppose Rabat aux indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.

Un tournant récent a eu lieu en octobre dernier, lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU, sous l’impulsion de l’administration Trump, a apporté un soutien inédit au plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007, le qualifiant de solution « la plus réalisable ». Sur cette base, trois séries de négociations directes – les premières en sept ans – ont été organisées depuis le début de l’année, rassemblant le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie.

« Nous sommes entrés dans les détails sur les possibles contours d’une solution politique, d’une architecture de gouvernance mutuellement acceptable pour le Sahara occidental et des moyens d’assurer que le principe d’auto-détermination soit pris en compte », a précisé l’envoyé onusien.

Staffan de Mistura a salué la présentation par le Maroc d’une version détaillée de son plan d’autonomie, longtemps réclamée par l’ONU, ainsi que sa volonté affichée de « travailler avec le Front Polisario ». Tout en notant les « suggestions » et « réponses » du Polisario, il l’a toutefois appelé à « faire les compromis historiques nécessaires pour trouver une solution mutuellement acceptable », en particulier pour le bien des « futures générations de Sahraouis ».

L’envoyé spécial a également fait preuve de compréhension face aux réticences du Polisario, évoquant sa « méfiance » quant à son futur rôle dans la gouvernance du territoire et à la sécurité de ses membres.

L’objectif désormais affiché est de réunir à nouveau toutes les parties « avant octobre », dans l’espoir de finaliser un accord-cadre, d’ébaucher un processus de validation de l’accord conforme au principe d’auto-détermination, et de créer un mécanisme d’application pendant une période de transition.

Quitter la version mobile