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Macky Sall parmi les candidats auditionnés publiquement pour le poste de secrétaire général
New York – Quatre candidats en lice pour succéder à l’actuel secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ont été entendus cette semaine lors d’une rare audition publique organisée au siège des Nations unies. Il s’agit seulement de la deuxième initiative de ce type visant à renforcer la transparence du processus de sélection du futur dirigeant de l’organisation.
Parmi les prétendants figurent l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, le diplomate argentin Rafael Grossi, la Costaricienne Rebeca Grynspan, ainsi que l’ancien président sénégalais Macky Sall, seul candidat africain en compétition.
Durant deux journées d’auditions, les candidats ont été interrogés pendant près de trois heures par les 193 États membres ainsi que par des représentants d’organisations non gouvernementales. Ce format de questions-réponses publiques, instauré en 2016, vise à accroître la transparence d’un processus longtemps jugé opaque, même si les décisions finales restent largement entre les mains du Conseil de sécurité.
En effet, les cinq membres permanents – États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France – conservent leur droit de veto sur la nomination du futur secrétaire général. Leur influence demeure déterminante dans une procédure qui devrait aboutir à une recommandation du Conseil de sécurité d’ici la fin du mois de juillet, avant une décision finale de l’Assemblée générale.
Les quatre candidats ont tous mis en avant la nécessité de restaurer la confiance dans une organisation confrontée à de profondes divisions internes. L’ancien président sénégalais a notamment insisté sur le lien entre paix et développement, affirmant qu’une paix durable ne peut exister sans lutte contre la pauvreté, les inégalités et la vulnérabilité climatique.
Proposé par le Burundi, qui préside actuellement l’Union africaine, Macky Sall fait toutefois face à une situation délicate. Il ne bénéficie pas du soutien unanime du bloc africain, ni même de celui du Sénégal. Des accusations de répression violente de manifestations entre 2021 et 2024 continuent de susciter des tensions diplomatiques.
Un diplomate a ainsi estimé que cette candidature « divise l’Afrique » et pourrait « ternir le début de la présidence burundaise de l’Union africaine ».
Le processus de sélection intervient également dans un contexte de pressions politiques internationales. L’envoyé américain à l’ONU, Mike Waltz, a récemment affirmé que le futur secrétaire général devra s’aligner sur les « valeurs et intérêts américains », tout en soulignant que Washington soutiendrait le meilleur candidat.
Enfin, plusieurs États membres appellent à une avancée historique : voir pour la première fois une femme accéder au poste de secrétaire général de l’ONU, une perspective encore ouverte à ce stade du processus.
Avec RFI

