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Le gouvernement sénégalais a réclamé mercredi une enquête internationale « pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF », la Confédération africaine de football, après la décision du jury d’appel de la CAF de retirer le titre du Sénégal à la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au profit du Maroc.
Le plus drôle dans cette affaire est que le Sénégal est considéré depuis longtemps comme le terrain privilégié des lobbistes marocains notamment dans les activités visant l’Union Africaine et le Sahara Occidental. En 2014, un conflit entre la DGED et la DGSE a poussé cette dernière à publier des milliers de documents confidentiels de la diplomatie marocaine. Parmi ces documents, des lettres de l’amabassadeur du Maroc au Sénégal, à l’époque, Taleb Berrada, adressées à sa centrale à Rabat.
Selon ces lettres attribuées à l’ambassade du Maroc à Dakar, l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise, Mankeur Ndiaye, aurait bénéficié de versements réguliers effectués par les autorités marocaines. Ces sommes auraient été remises dans le cadre de relations bilatérales étroites entre les deux pays, notamment en lien avec la coopération sur la question sahraouie.
Le document, daté du 9 septembre 2014 et signé par l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Taleb Berrada, évoque explicitement la remise d’un montant de 140 784 dirhams (environ 12 500 euros). Cette somme aurait servi à financer un pèlerinage à La Mecque pour trois personnes désignées par le ministère sénégalais des Affaires étrangères. Le courrier précise que la somme a été remise « en mains propres » et mentionne la gratitude exprimée par le ministre sénégalais.
Une stratégie plus large de lobbying en Afrique
Au-delà de ce cas précis, ces révélations s’inscrivent dans un contexte plus large de soupçons concernant les méthodes utilisées par Rabat pour renforcer son influence diplomatique sur le continent africain. Plusieurs documents divulgués ces dernières années, notamment par un hacker opérant sous le pseudonyme « Chris Coleman », font état de pratiques similaires.
Ces fuites suggèrent que le retour du Maroc au sein de l’Union africaine en 2017 aurait été précédé d’une intense campagne de lobbying. Celle-ci aurait inclus des incitations financières destinées à certains diplomates africains afin de rallier leur soutien.
Dans un courriel daté du 5 mai 2014, Moha Ouali Tagma, alors directeur des Affaires africaines au ministère marocain des Affaires étrangères, évoquait ainsi la distribution d’« enveloppes individuelles de 5000 euros » à des représentants qualifiés « d’amis » au sein de différentes délégations.
Un autre message mentionne une proposition de versement de 2 500 dollars à Jean-Baptiste Natama, ancien directeur de cabinet de la présidente de la Commission de l’Union africaine, afin de maintenir une collaboration favorable aux intérêts marocains.
Enjeux autour du Sahara occidental
Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions persistantes autour du statut du Sahara occidental, territoire considéré par l’ONU comme non autonome. Le Maroc en contrôle la majeure partie, tandis que le Front Polisario revendique son indépendance.
Les critiques estiment que ces pratiques, si elles étaient avérées, constitueraient une violation des principes fondamentaux de l’Union africaine, notamment ceux relatifs au respect de la souveraineté des États et à l’intangibilité des frontières héritées de la décolonisation.
Rabat, de son côté, défend sa souveraineté sur le territoire et met en avant ses investissements économiques ainsi que ses initiatives diplomatiques en Afrique.
À ce stade, aucune confirmation officielle indépendante n’est venue authentifier l’ensemble des documents évoqués, mais leur diffusion continue d’alimenter le débat sur les pratiques d’influence et les enjeux géopolitiques en Afrique.
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