Au Maroc, la presse est moins libre qu’elle ne l’était à la fin du règne de Hassan II.

Le livre documente la fragilité d’un roi vieillissant, et les précautions extrêmes prises par le Palais pour masquer l’état réel du monarque.

« La presse marocaine est moins libre et indépendante qu’elle ne l’était à la fin du règne de Hassan II. Du Journal à TelQuel en passant par Demain, les médias de la « movida » marocaine des années 2000 ont disparu, étranglés par les procès et la fuite des annonceurs, ou sont rentrés dans le rang. « Les autorités marocaines ont adopté un ensemble de mesures conçues pour faire subtilement taire les journalistes critiques, les dissidents et les militants des droits humains qui ont refusé d’adoucir leur ton ou de s’exiler », estime Éric Goldstein, ancien directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch. « Les médias pro-gouvernementaux publient des histoires sordides visant les voix simplement critiques et parfois leurs proches. Ces personnes se retrouvent parfois sous le coup d’une surveillance physique ou numérique et de menaces anonymes », déplore cet expert qui a travaillé trente ans sur la région.

Depuis la crise du Covid-19, les salaires des journalistes sont payés par l’État sur le budget du ministère de la Communication, qu’ils travaillent pour des entreprises publiques ou privées. Le Maroc a dégringolé de la 89e place en 2002 à la 120e en 2025 au classement de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF). « La pluralité de la presse marocaine n’est qu’une façade », écrit l’ONG internationale pour qui la situation est passée de « difficile » à « problématique ».

En janvier 2023, les eurodéputés, dans une initiative inédite, ont adopté un texte demandant « instamment » aux autorités marocaines de « respecter la liberté d’expression et la liberté des médias » et de « garantir aux journalistes incarcérés […] un procès équitable ». Les parlementaires ont insisté sur le cas d’Omar Radi, journaliste d’investigation et activiste du hirak, condamné en appel en 2022 à six ans de prison ferme pour « viol » et « espionnage » et libéré le 29 juillet 2024. Les faits d’espionnage sont des travaux pour des sociétés britanniques de conseil économique et pour la Fondation Bertha basée en Suisse, une ONG offrant des bourses à des journalistes d’investigation et à des activistes. Le viol, qu’il nie, repose sur les accusations d’une femme collaboratrice comme lui du média en ligne Le Desk. Une affaire trouble dans laquelle, selon les eurodéputés, « de nombreux droits de la défense n’ont pas été respectés, ce qui entache d’iniquité et de partialité l’ensemble du procès ». » extrait du livre intitulé Mohammed VI, le mystère , écrit par le journaliste français Thierry Oberlé .

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